Le gouvernement de Keir Starmer a récemment pris une décision controversée en abrogeant l’immunité judiciaire des soldats britanniques ayant servi en Irlande du Nord, en Irak et en Afghanistan, incluant des membres du Special Air Service (S.A.S.), une unité d’élite fondée en 1941. De nombreux commandos se sentent trahis par ceux qui, historiquement, étaient censés les défendre.
Le S.A.S. a été établi pendant l’été 1941 par David Stirling, un aristocrate écossais. À l’époque, cette petite unité de l’armée britannique était destinée à effectuer des missions audacieuses en Afrique du Nord. Son premier raid, effectué en novembre 1941, fut un échec retentissant, ne permettant à que 21 des 55 parachutistes d’échapper à la capture ou à la mort, poussant presque à sa dissolution. Cependant, le S.A.S. continue d'exister grâce à l'engagement de divers militaires, y compris un groupe de soldats français.
La collaboration française
Après cet échec initial, Stirling cherche désespérément des volontaires. Il découvre alors un groupe de 52 soldats des forces gaullistes stationnés à Damas, impatients de rejoindre la lutte. Le 31 décembre 1941, ils sont transportés en Égypte, prêts à participer à une guerre nouvelle et audacieuse. Ce partenariat conduit à des opérations mémorables, notamment le raid de Sidi Haneish, où les commandos parviennent à frapper durement l'ennemi, grâce à des véhicules tels que la jeep Willys Bantam.
Cette opération redore rapidement le blason du S.A.S. et démontre l’importance cruciale de la coopération franco-britannique dans des situations extrêmes. Au cours de l’attaque, les forces commandées par les Français réussissent à détruire de nombreux appareils ennemis, consolidant ainsi la réputation de l’unité.
Polemique actuelle
Aujourd’hui, la polémique autour du S.A.S. est d'une ampleur nationale. En décembre, une lettre ouverte dans le Daily Telegraph signée par sept anciens officiers supérieurs met en lumière la décision problématique du gouvernement Starmer d’abroger une loi qui protégeait les soldats, particulièrement ceux du S.A.S. qui ont servi durant le conflit nord-irlandais. Les enjeux sont élevés, car cela pourrait potentiellement rouvrir des enquêtes sur des opérations passées.
Starmer, ancien avocat spécialisé en droits de l’homme, a suscité de nombreuses critiques en raison de son rôle dans l’effondrement de cette protection, aggravant les tensions déjà présentes. On craint qu’une telle législation n’affecte de manière dramatique la confiance que les troupes accordent à leurs leaders politiques, selon des experts militaires comme Adrian Weale, qui souligne que cela risque de miner la confiance dans les institutions judiciaires.
Des anciens officiers du S.A.S. s’inquiètent de l’impact de cette décision sur la moralité des missions militaires, mentionnant que chaque soldat devrait être protégé contre des poursuites injustifiées, surtout après avoir servi leur pays avec honneur.
Un vétéran a déclaré à ce sujet : « Les soldats doivent désormais se méfier non seulement de l’ennemi, mais aussi du système judiciaire de leur propre pays ». Cette situation crée une atmosphère de tension et d'incertitude parmi les troupes d'élite, alimentée par le sentiment croissant que leur service pourrait être sujet à réévaluation.
Une rétrospective historique
Cette situation rappelle des événements historiques où le traitement des soldats après des conflits a été sujet à controverses. La guerre d’Algérie en France est un exemple frappant, où une amnistie générale a été proclamée, protégeant les militaires français mais laissant de nombreuses questions en suspens. Comme l’a précisé l’historien Fabrice Riceputi, cette transition vers une transparence judiciaire demeure cruciale pour assurer une responsabilité vis-à-vis des actions passées.
Pour les vétérans britanniques notamment, une telle transparence est primordiale, et la crainte d’une chasse aux sorcières judicière n’est pas à prendre à la légère. Les critiques lancées par ces militaires rappellent qu’un pays qui échoue à protéger ses défenseurs met en péril non seulement la confiance mais également l’intégrité de ses forces armées.







