Les forces politiques se mobilisent alors que 2027 se profile à l’horizon

À un an de l'élection présidentielle, les stratégies des partis se dessinent au gré des tensions.
Les forces politiques se mobilisent alors que 2027 se profile à l’horizon
©Eric Feferberg, AFP - Vue du palais de l'Elysée à Paris, le 12 mars 2019

Les partis politiques n’ont pas tardé à plonger dans la campagne présidentielle, même avant la fin des élections municipales. À présent, la dynamique s’accélère.

Si plusieurs d’entre eux ont déjà désigné leur candidat, d’autres peinent encore à trouver le bon représentant. Certains envisagent même des unions, bien que l’harmonie entre eux reste incertaine.

Avec un peu plus d'un an avant l’échéance, faisons un point sur la situation actuelle.

- La gauche en ordre dispersé

La fracture entre La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) s’est accentuée durant les municipales, leurs alliances d’entre-deux-tours, souvent marquées par des tensions, n’ayant pas rencontré le succès escompté.

Du côté de LFI, la candidature de Jean-Luc Mélenchon semble inévitable, bien qu'il ne l’ait pas encore officialisée. Les municipales ont révélé un duel franco-français avec le Rassemblement national.

Les autres partis de gauche sont dans un flou artistique. Une primaire se tiendra le 11 octobre pour désigner un candidat, mais l'idée ne récolte pas l’adhésion escomptée.

Marine Tondelier, la dirigeante des écologistes, ainsi que les députés ex-LFI François Ruffin et Clémentine Autain, envisagent de participer. Toutefois, des figures comme Boris Vallaud, ancien président François Hollande et Jérôme Guedj, candidat déjà en lice, s’y opposent. Même Raphaël Glucksmann refuse cette option. Les sondages, bien que balbutiants, placent Mélenchon et lui parmi les mieux placés à gauche, un jugement à nuancer pour l’instant.

Olivier Faure, leader du PS, défend la nécessité de s'unir face à l'extrême droite tout en préparant sa propre candidature, sans annonce pour l’instant.

Fabien Roussel, représentant du Parti communiste, s’oppose également à la primaire, tandis que Nathalie Arthaud se présentera pour Lutte ouvrière.

- Le centre sans héritier clair

Le camp présidentiel s'avance vers la période post-Emmanuel Macron sans un véritable successeur naturel. Edouard Philippe et Gabriel Attal, deux anciens Premiers ministres, entrent en lice.

Philippe, qui a fondé le parti Horizons, mise sur sa récente réélection à la mairie du Havre pour redynamiser sa candidature. À ce jour, il paraît être le meilleur espoir du bloc central.

Gabriel Attal, chef des députés macronistes, s’illustre également, bien qu’il n’ait pas encore confirmé sa candidature.

D'autres noms circulent, tels que Gérald Darmanin, ministre de la Justice, ou Sébastien Lecornu, ancien Premier ministre. François Bayrou, quant à lui, a déjà laissé entendre qu’il ne se porterait pas candidat après sa défaite à Pau.

L'essor du Rassemblement national (RN) relance également l'idée d'une primaire, mais de quelle nature? Un "socle commun" entre le bloc central et Les Républicains pourrait constituer le cadre, même si les divisions sont nombreuses.

- Une droite qui peaufine sa stratégie

Chez Les Républicains, l'appel à une primaire plus inclusive se fait de plus en plus entendre, pouvant inclure le parti d'extrême droite Reconquête!. mardi, le parti se penchera sur la méthode de désignation de son futur candidat.

Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a déjà officialisé sa candidature en plein cœur des municipales, bien qu’il n’ait pas suscité l’enthousiasme souhaité. Il fait face à plusieurs rivaux dont Laurent Wauquiez, David Lisnard et Michel Barnier. Xavier Bertrand, dont les ambitions présidentielles ont été ruées en 2021, espère également représenter la droite.

Le parti devra trancher entre un rapprochement centre-droite ou un retour à des positions plus radicales. Comme à l'accoutumée, l'arrivée d'un outsider pourrait bouleverser l'ordre établi. Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, envisage une candidature, se basant sur sa notoriété qui, pour l'instant, ne se traduit pas en votes.

- Un RN en attente de décisions judiciaires

Pour le Rassemblement national, la date du 7 juillet est cruciale. Marine Le Pen, candidate à trois reprises aux élections présidentielles, connaîtra le sort de son appel concernant une condamnation qui lui impose un bracelet électronique et une inéligibilité de cinq ans suite à l’affaire des assistants d’eurodéputés.

Le parti se prépare déjà à une potentielle candidature de Jordan Bardella, qui semble prendre de l'assurance.

Le RN est, pour l’instant, bien placé dans les intentions de vote.

Sarah Knafo, qui a atteint le second tour des municipales à Paris avant de se retirer, dément pour l'heure toute candidature en 2027 au nom de Reconquête!. Sa partenaire, Éric Zemmour, président de ce mouvement, fera connaître sa décision plus tard.

Enfin, parmi les souverainistes, Nicolas Dupont-Aignan a déjà annoncé sa candidature, marquant sa quatrième tentative consécutive.

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