Le journal sénégalais Le Quotidien critique le manque de réaction des états et organismes africains face au conflit israélo-américain au Moyen-Orient. Dans un éditorial acéré, il dépeint un continent divisé, sans solidarité ni unité nécessaire pour faire entendre sa voix.
La solidarité entre les nations africaines n’est pas simplement un idéal. Au fil des années, des pays ont montré un soutien palpable aux autres en temps de crise, souvent sans tenir compte de leurs propres intérêts. Les pères fondateurs de l'Afrique n’étaient pas guidés par des considérations personnelles. Ainsi, en 1973, suite à la guerre du Kippour, tous les états africains, sous l'égide de l’Organisation de l'Unité Africaines (OUA), avaient rompu leurs liens avec Israël, malgré les ravages que cela a pu causer pour certains, comme l'Ivoirien Félix Houphouët-Boigny qui avait pourtant de nombreux intérêts avec l’État hébreu.
Il est frappant de voir à quel point cette solidarité semble aujourd’hui défunte. Les leaders africains d’hier, tels que Nelson Mandela, ont laissé place à des figures moins inspirantes, préoccupées par les défis quotidiens et loin des grandes causes du continent. Le manque de réactivité de l’Afrique du Sud, anciennement moteur de la "Renaissance africaine", face aux actes de Nétanyahou à Gaza en est un exemple tragique. À l’heure où le pays aurait pu mener un appel à l’unité, il semble paralysé par des scandales internes.
tentative sud-africaine
Quand Jacob Zuma s’est compromis avec les Gupta, il a terni la réputation de l’Afrique du Sud sur la scène internationale, ruinant ainsi ses chances de mener une voix forte contre les injustices mondiales. Ce silence devient encore plus poignant lorsque, face aux atrocités à Gaza, aucune voix africaine significative ne s’élève. Ce constat est le reflet d'une fragmentation déplorable des intérêts africains, exacerbée par des rivalités historiques comme celles entre le Maroc et l'Algérie sur la question du Sahara occidental.
Dans un contexte où même l’union des pays arabes semble impossible, les défis de coordination entre les pays africains s’intensifient. Les tensions internes rendent toute coalition improbable. Dans ce climat, la question se pose : qui sera l’instrument d’une émancipation collective ?
Alors que les dirigeants ougandais et rwandais promettaient une renaissance, ils ont, à leur tour, trahi espoirs et promesses au profit de leurs intérêts familiaux. Cela entache la crédibilité de toute voix africaniste alors qu’Israël intensifie ses opérations à Gaza, conséquence d’un silence complice.
quelle voix s’élèvera ?
Face à cette réalité, quel dirigeant pourra porter la voix d'une indignation africaine face aux atrocités israéliennes ? Les défenseurs des droits humain à travers le monde s'insurgent alors que l'Afrique reste spectatrice. Pourtant, même lorsque certains dirigeants, comme Cyril Ramaphosa, prennent position à La Haye, ils restent isolés, rejetés par leurs homologues occidentaux plus préoccupés par leur diplomatie.
Il n’est pas étonnant d’observer que les sanctions pèsent sur ceux qui osent critiquer Israël, tandis que d'autres nations ferment les yeux sur les violences commises ailleurs. Les consciences africaines doivent être réveillées avant qu'il ne soit trop tard. La politique israélienne d'expansion et d’invasion est une menace qui nécessite une réponse collective.
Alors que le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé son inquiétude face aux frappes américano-israéliennes, il est crucial qu'il ne reste pas silencieux. Le Sénégal, avec son histoire de diplomatie active, pourrait jouer un rôle clé pour mobiliser l'Afrique. Ne pas agir serait une opportunité manquée pour l’ensemble du continent.







