“À vos risques et périls, suspects ! Voici vos visages floutés, mais pas pour longtemps.”
Face à une montée alarmante des escroqueries, la police des Pays-Bas a lancé une initiative sans précédent en exhibant, tant en ligne que dans les rues, les images floutées d’environ cent suspects d’arnaques. Ils ont eu jusqu’au 19 mars pour se dénoncer afin d’éviter la divulgation de leurs visages non floutés.
Une des images emblématiques de cette campagne affiche l’appel suivant : “Suspect GO-039 : cet individu a retiré de l’argent à l’aide de la carte bancaire volée d’une résidente d’Amsterdam. Si vous êtes ce suspect ou si vous avez des informations, contactez-nous de manière anonyme.”
Ces annonces figurent sur le site de la police néerlandaise, accessible via cette page dédiée. À partir du 9 mars, ces visages suspects sont diffusés non seulement sur ce site, mais également sur les réseaux sociaux et à travers des affiches dans divers lieux de la vie publique, ils sont visibles sur les abribus et dans les supermarchés.
Cette mesure inédite a été justifiée par les autorités comme étant “essentielle pour sensibiliser le public à l’importance grandissante des arnaques”, comme le souligne le site d’informations NOS. Ces arnaques s’appuient sur des méthodes éprouvées, souvent ciblant des personnes âgées peu méfiantes, contactées par des faux agents, prétendant être des employés de leur banque ou des policiers.
Dans les cercles criminels, ces escroqueries sont qualifiées “d’F-game”, comme s’il s’agissait d’un jeu”, observe De Standaard, ce qui a inspiré le nom de cette campagne percutante.
En 2025, les signalements liés à ce type d’arnaques avaient atteint 13 000, sans compter les arnaques uniquement téléphoniques, qui sont encore plus nombreuses. Les escrocs habituels exploitent la confiance de leurs victimes et s’emparent de leurs informations personnelles, conduisant souvent à des pertes financières significatives.
Des résultats significatifs
Selon un porte-parole de la police, “la campagne a eu un succès tel que nos enquêteurs ont dû faire des heures supplémentaires”. Dès le 23 mars, vingt et un suspects avaient été identifiés grâce aux informations recueillies, que ce soit par autocontact ou par le biais d'indices fournis par des témoins. À ce jour, le nombre de suspects reconnus a grimpé à 48.
Les enquêtes indiquent que ceux qui participent à ces arnaques sont souvent de jeunes individus, souvent fragiles, souffrant d’addictions et étant manipulés par des organisations criminelles. “Ils jouent les rôles de petites mains,” a rapporté NOS, notant que ces jeunes sont couramment exploités sans être fichés par les autorités.
Malgré les critiques potentielles, la police considère que révéler l’identité de ces prédateurs est une mesure proportionnée, dans l’espoir que cette démarche dissuadera d'autres jeunes de s’engager dans des activités criminelles similaires.







