Les défis de l’industrie française sont au cœur des préoccupations des salariés de Medippex, installés à Courzieu, en Rhône. En parallèle des assises du made in France organisées par la CGT, ces travailleurs se mobilisent pour la création d’une société coopérative et participative (Scop) afin d'assurer la production locale de poches souples destinées aux solutions intraveineuses.
L’objectif ? « Reconquérir la souveraineté sanitaire de notre pays », comme l'a énoncé Emmanuel Macron lors d'un discours de 2023 à la sortie de la crise Covid. Cependant, la réalité actuelle semble opposer des barrières insurmontables. Le tribunal de commerce de Grenoble a placé Medippex en redressement judiciaire en novembre 2025, amplifiant les inquiétudes des employés.
Créée en 1982, cette usine constitue le principal employeur de la commune. « La situation est alarmante », souligne Ludovic Rioux, responsable pour la CGT du Rhône. En effet, un premier mouvement de grève avait déjà été déclenché l’année précédente en raison de retards dans le versement des salaires.
Pour contrer la désindustrialisation, les salariés ont décidé de lancer un plan de reprise via une Scop, intitulée Socoperf. Ce projet a été officiellement déposé le 21 mars dernier. « Les 49 salariés possèdent une expertise inestimable dans leur domaine, et ils sont prêts à répondre aux nouvelles normes européennes d'ici 2030, en intégrant des matériaux plus écologiques », insiste Rioux.
« Une Scop pour l’avenir et le maintien de l’emploi »
Face au vieillissement de la population, la demande de poches médicales ne cesse de croître, avec un marché mondial évalué entre 2 et 3 milliards de dollars et une augmentation annuelle de 6 %. Actuellement, 80 % des recettes de Medippex proviennent de clients fidèles, selon des études menées par la CGT.
De leur côté, deux autres propositions de reprise ont émergé. « Nous ne souhaitons pas voir notre savoir-faire détourné par des investisseurs peu scrupuleux », insiste le cégétiste, ajoutant que ces alternatives manquent d’engagement financier. « Le projet de Scop représente une approche démocratique et vise à préserver les emplois locaux. »
La CGT a déjà initié des discussions avec plusieurs collectivités en vue de réussir ce projet. Initialement, un plan de licenciement pour cinq salariés avait été envisagé, mais il a été abandonné grâce à la mobilisation. « La souveraineté sanitaire passe par une gestion publique de notre filière médicale », conclut Rioux, réitérant les enjeux cruciaux de cette initiative.







