Dans une tournure inattendue après les élections municipales du 22 mars, Nadine Grelet-Certenais, l'ancienne maire socialiste de La Flèche, a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux afin de contester l'élection de Romain Lemoigne, le candidat du Rassemblement national (RN). À peine 133 voix séparent les deux candidats, mais Grelet-Certenais affirme que la légitimité du scrutin est compromise.
Romain Lemoigne a rapidement réagi, qualifiant cette démarche de « mauvaise perdante » et d'« ultime manœuvre de campagne » sur ses réseaux sociaux. Selon lui, le scrutin s'est déroulé dans des conditions de transparence totale.
Grelet-Certenais, pour sa part, insiste sur la nécessité de faire respecter la loi : « Ce n'est pas un acte de rancœur, mais un impératif pour garantir l'intégrité du processus démocratique », a-t-elle déclaré dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP). Elle affirme que de nombreuses irrégularités ont été constatées, sans en détailler la nature précise.
Ville socialiste depuis 37 ans
Le conseil juridique de Grelet-Certenais, Me Philippe Bluteau, évoque des précédents où des élections ont été annulées lorsqu'il a été prouvé que des manipulations, comme la diffusion de fausses nouvelles à des moments critiques, ont influencé les résultats. Des situations similaires ont déjà été observées dans d'autres élections en France, où la justice a pris à cœur la protection des électeurs.
Jeune maire de 25 ans, Romain Lemoigne a bénéficié d'un soutien fort, notamment de Marine Le Pen, qui a fait une halte à La Flèche peu avant l'élection. Ce soutien a contribué à renforcer la visibilité du candidat RN durant la campagne.
La victoire du RN à La Flèche a eu des conséquences culturelles, comme le montre l'annulation d'une conférence de Mazarine Pingeot, auteur et fille de François Mitterrand, qui devait se tenir dans la ville. De plus, le festival « Du Bruit au Kid », prévu pour fin mars, a également été annulé suite au retrait de plusieurs artistes, dénotant un climat de tension au sein de la ville.
La Flèche, qui avait été dirigée par le Parti socialiste pendant 37 ans, voit une transition politique marquante. Guy-Michel Chauveau, maire emblématique qui a exercé de 1989 à 2020, avait été réélu sans difficulté à de multiples reprises. En mars 2020, Grelet-Certenais avait remporté les élections avec presque 70 % des voix, mais la dynamique a radicalement changé avec l'ascension du RN en mars 2026.







