Selon un sondage d'OpinionWay, près de trois Français sur quatre sont en faveur de la possibilité pour les salariés volontaires de travailler le 1er mai, jour de la Fête du Travail. Ce sujet brûlant sera débattu prochainement à l’Assemblée nationale.
Jusqu'où va l'idée du repos dominical ? Alors que le 1er mai approche, la question de la souplesse de cette journée résonne de nouveau dans la sphère publique, soutenue par une initiative parlementaire et une opinion largement en faveur d’un assouplissement de la loi.
D'après un sondage réalisé par OpinionWay pour la CPME et publié par La Tribune Dimanche le 4 avril, 74 % des sondés seraient favorables à travailler ce jour-là, à condition que ce travail soit volontaire et accompagné d'une rémunération doublée. En réponse à la question : "Seriez-vous favorable à ce que les salariés volontaires puissent travailler le 1er mai dans les commerces de proximité, avec une rémunération doublée ?", 73,7 % des sondés ont répondu positivement.
Le soutien pour cette ouverture transcende les générations. Parmi les 18-24 ans, 67,5 % sont favorables, un chiffre qui monte à 75,4 % chez les 25-34 ans et les 35-49 ans. Même les plus de 50 ans affichent un soutien de plus de 73 %, illustrant un consensus inattendu sur ce sujet longtemps considéré comme un acquis.
"Comme nous le pressentions, ils sont très majoritairement pour"
Ce tournant d'opinion survient alors qu'une proposition de loi visant à "permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai" doit être examinée le 10 avril à l’Assemblée nationale, dans le cadre d’une niche parlementaire du groupe Renaissance. Déjà adoptée par le Sénat, cette loi envisagerait d'autoriser certains commerces de proximité, tels que boulangeries et cinémas, à ouvrir ce jour-là en faisant appel à des salariés volontaires avec une rémunération améliorée.
Préalablement présentée fin janvier, sans avoir pu être discutée par manque de temps, cette proposition revient à l’ordre du jour, maintenant supportée par la majorité présidentielle. Du côté des organisations patronales, le soutien est clair. "Cela dépasse le cadre de l'entreprise ; cette question concerne l'ensemble des Français. Comme nous l’avions anticipé, ils sont largement en faveur. Les organisations qui s'opposent se trompent de combat", a déclaré Amir Reza-Tofighi, président de la CPME, rapporté par BFMTV.
Cependant, l’intersyndicale s'oppose fermement à cette évolution. Dans une lettre adressée aux députés, les organisations CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU appellent à "s’opposer" à cette proposition. Elles mettent en avant le risque d'une remise en question d'un acquis fondamental et préviennent d'un effet domino : "L'ouverture de la dérogation au principe de repos rémunéré le 1er mai constitue une brèche. L’histoire sociale montre que chaque fois qu'un principe est attaqué, les dérogations s’étendent jusqu’à devenir la norme."







