Dans une manœuvre politique audacieuse, la nouvelle présidente de la métropole Toulon Provence Méditerranée, Josée Massi, a annoncé que les maires de La Seyne, Six-Fours et La Valette n’auront pas de place à l'exécutif. Cette décision survient peu après son élection, marquant un tournant significatif dans la dynamique politique locale.
« La métropole est dans une configuration inédite avec l’élection de maires soutenus par le Rassemblement National. J’ai pris un choix clair : le RN ne participera pas à l'exécutif », a-t-elle déclaré. Ce discours a déclenché une vague de critiques allant jusqu'au cœur des valeurs démocratiques, car historiquement, chaque maire bénéficie d'une vice-présidence pour représenter sa commune. Bien que cela ne soit pas une obligation, cette pratique est devenue une norme dans la gouvernance métropolitaine.
La réaction du RN a été instantanée, dénonçant cette exclusion. « Les derniers représentants macronistes du Var ont décidé d’exclure plus de 120 000 habitants de la métropole », a déclaré Laure Lavalette, candidate malheureuse des dernières municipales, qualifiant cette action d’« hold-up démocratique ».
Masson, premier vice-président
Dans le même temps, certains élus de l’équipe de Massi semblent se désolidariser de cette exclusion. Jean-Louis Masson, élu premier vice-président, a affirmé : « Ce n’est pas le RN le problème. La métropole a un projet à mener, et ce n'est pas un marché politique ». Son rôle est perçu comme un pont entre la métropole et le département, une dynamique essentielle pour de futurs projets communs.
Malgré quelques tensions antérieures avec Massi, notamment autour d'un vote de défiance, les deux politiciens semblent avoir trouvé un terrain d’entente désormais. Masson a souligné que l'intérêt commun prime sur leurs différends passés.
Cependant, dans l’hémicycle, Lavalette a choisi de faire remarquer, avec ironie, que toute réconciliation n’est que temporisée par la nécessité de maintenir le pouvoir en place. « Reste à voir dans deux ans », a-t-elle ajouté, en référence aux futures élections départementales et régionales.
Erreur politique
En coulisses, certains élus évoquent un possible « pacte de non-agression » où Masson a renoncé à sa candidature à la présidence de la métropole en échange de la vice-présidence. Un observateur de la scène poltique a fait remarquer que cette décision pourrait être un tournant désastreux pour Massi, car les trois maires exclus représentent une part significative de la population.
Selon cet élu : « Massi joue un jeu dangereux. Exclure des représentants d'un quart de la population n’est pas sans conséquences. Il s’agit de démocratie, et elle devra rendre des comptes ». Des propos qui reflètent le malaise ambiant autour de ces décisions stratégiques de gouvernance.
Enfin, il est de notoriété publique que la présidente, qui s'exprime rarement auprès de la presse, aurait reconnu, dans un cadre privé, que sa majorité est déjà fragilisée. Cette situation, potentiellement explosive, mérite une attention particulière dans les mois à venir.







