Les sympathisants d'une primaire de gauche, sans Jean-Luc Mélenchon, continuent de se battre. Bien qu'il ait annoncé sa candidature, ils se sont réunis mardi soir, à La Bellevilloise à Paris, pour défendre l'idée d'une unité de la gauche, face à une montée inquiétante de l'extrême droite.
Ce rassemblement, intitulé "Front populaire 2027", a été l'occasion pour ses instigateurs de réaffirmer la nécessité d'une primaire, alors que l'avenir de cette initiative semble incertain. Clémentine Autain, ancienne membre de la France insoumise et candidate à la primaire, a lancé: "La question est de savoir si ce 5 mai marque la fin ou un renouveau". Bien qu'elle ait reconnu que le processus prévu pour le 11 octobre semble compromis, elle n'aperçoit d'autres alternatives démocratiques.
Avec les sondages en faveur du Rassemblement national pour 2027 et une gauche qui n'a remporté qu'un tiers des voix aux élections européennes de 2024 et à la présidentielle de 2022, les partisans de cette unité estiment qu'une candidature collective est cruciale pour l'emporter.
Lors de cet événement regroupant environ 1 200 participants, Lucie Castets, ex-candidate du Nouveau Front populaire, a souligné que "cette primaire est loin d'être une fiction". Elle a assuré qu'ils possédaient l'organisation et les ressources nécessaires pour mobiliser des millions d'électeurs.
Les participants ont également annoncé huit priorités communes, marquant le début d'un socle programmatique attendu avec impatience. Marine Tondelier, cheffe des Écologistes et également candidate, a rappelé que "82 % des électeurs de gauche et écologistes souhaitent cette primaire", exprimant son mécontentement face à ceux qui semblent la contrecarrer.
François Ruffin, député de Debout!, a pris la parole pour défendre une primaire axée sur la démocratie, insistant sur le fait que cela ne devrait pas provenir de "négociations de salon", mais directement du peuple. Cependant, cette démarche se heurte à des refus au sein même de la gauche, notamment de la part de Jean-Luc Mélenchon et de Raphaël Glucksmann, eurodéputé de Place publique, qui sont en tête des sondages.
Quant à Mélenchon, il a récemment officialisé sa quatrième candidature à la présidence, déclenchant des critiques d'Autain : "Je lui reproche d'imposer sa candidature au détriment de l'union, qui est essentielle pour atteindre le second tour". Elle a ajouté que "l'union ne devrait pas dépendre d'un seul leader".
Au sein du Parti socialiste, le premier secrétaire Olivier Faure est pour la primaire, mais il se heurte à une opposition au sein même de son parti, où ses rivaux s'opposent à cette démarche. Faure a néanmoins insisté sur l'importance d'une primaire pour garantir la légitimité d'un candidat.
Tout en appelant à l’unité, il a aussi précisé que le rassemblement autour de Mélenchon ne peut pas se faire au détriment des valeurs républicaines et a exprimé son vœu de voir d'autres acteurs politiques, comme Place populaire et le PCF, participer à ce processus. "Je ne pardonnerai jamais à ceux qui, par ambition personnelle, entravent la gauche", a-t-il déclaré.
Un groupe, plus social-démocrate, s'est également formé autour de Boris Vallaud, chef des députés socialistes, et de Raphaël Glucksmann, qui pourraient être des candidats potentiels. LFI, quant à elle, a tenté de tendre la main aux écologistes et communistes, leur promettant un soutien lors des prochaines législatives, à condition qu'ils soutiennent la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2027, affirmant que la primaire n'a pas su générer l'harmonie nécessaire.







