Les politiques manifestent un intérêt croissant pour ces figures influentes, tandis que les médias tentent de les intégrer à leurs stratégies. Ces créateurs de contenu, devenus des passerelles vers les jeunes électeurs, se préparent à jouer un rôle actif lors des prochaines élections de 2027.
Sam Zirah, un youtubeur comptant plus de deux millions d'abonnés, a d'abord gagné en popularité en interrogeant des candidats de téléréalité et a récemment invité des personnalités politiques. Pour lui, ses interviews, qui se concentrent souvent sur des aspects personnels, complètent celles des grands médias traditionnels.
L'intime est politique
Avant les élections municipales, Zirah a posé une question audacieuse à Sophia Chikirou, candidate LFI à Paris, lui demandant si elle ressentait le "seum" d'être associée à Jean-Luc Mélenchon. Son concurrent, Emmanuel Grégoire, a également partagé des récits personnels sur son frère décédé sur le plateau de Zirah.
"L'intime est politique", observe Sam Zirah, en précisant que ses interviews ne sont pas forcément complaisantes.
Ce style d'interview offre souvent des formats plus longs et des questions moins agressives, permettant d'atteindre une audience plus jeune.
Les réseaux sociaux, tels que Youtube, Tiktok et Instagram, sont maintenant les principales sources d'information pour plus de la moitié des moins de 25 ans, selon une étude de l'Arcom publiée en janvier 2026.
Pascal Lardellier, expert en communication politique à l'université Bourgogne-Europe, souligne que les créateurs de contenu joueront un rôle prépondérant lors de cette présidentielle, notamment pour engager des jeunes souvent désengagés.
Profiter de l'attrait des jeunes
Les médias traditionnels s'associent également de plus en plus à ces créateurs. Par exemple, France TV collabore avec HugoDécrypte, un youtubeur suivi par des millions de personnes. Zirah indique qu'il multiplie les interactions avec les groupes télévisuels en vue de 2027.
TF1 a débuté une série d'entretiens politiques co-produits avec le youtubeur Gaspard G, incluant un épisode avec Mélenchon. Ce dernier, souvent critique envers les médias classiques, cherche à intégrer ces influenceurs dans sa stratégie de communication.
Les influenceurs, comme Anna Baldy, qui analyse l'actualité sous le pseudonyme Grande Bavardeuse, notent que les personnalités politiques sont conscientes que leur présence sur les réseaux sociaux est essentielle pour atteindre les jeunes électeurs. Baldy, fraîchement diplômée de Sciences Po, estime que les influenceurs pourraient être perçus comme plus malléables que les journalistes traditionnels.
Baldy prévoit de façonner sa couverture de la campagne sans nécessairement interviewer des candidats, considérant cette tâche comme complexe.
"Je ne pense pas être prête à le faire, surtout pour des questions comme celles de Jordan Bardella sur les chats ou les chiens", avoue-t-elle.
Un rôle stratégique à deux ans des élections
Jordan Bardella, président du RN, est devenu à son tour une célébrité sur les réseaux sociaux, ce qui lui permet d'influencer le débat public. D'autres influenceurs, cependant, appelés par Squeezie, s'efforcent de contrer les idées d'extrême droite aux élections législatives de 2024.
La question reste de savoir si ces créateurs de contenu prendront clairement parti lors des élections de 2027. Bien que Sam Zirah et Anna Baldy ne prévoient pas d'afficher de préférences politiques, cette dernière n'exclut pas de soutenir un candidat, surtout pour le second tour.
Un responsable d'un candidat a d'ailleurs récemment exprimé que le soutien d'un influenceur peut avoir plus de poids aujourd'hui qu'un élu, faisant des créateurs de contenu une partie intégrante de la stratégie pour les élections futures.







