Une nouvelle guerre en Arménie ? Les récents avertissements de Vladimir Poutine, évoquant un potentiel "scénario ukrainien", soulèvent des inquiétudes quant à la stabilité de la région. Alors que les États-Unis et la Chine intensifient leur présence, nous faisons le point sur les dangers qui guettent cette petite nation du Caucase.
Les tensions entre Moscou et Erevan se sont exacerbées ces dernières semaines. Lors d'un sommet de l'Union économique eurasiatique à Astana, Poutine a mis en garde l'Arménie contre un rapprochement trop prononcé avec l'Union européenne. Quelques jours plus tôt, le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, faisait écho à ces préoccupations, conseillant aux Arméniens de ne pas reproduire les erreurs qui ont mené à la guerre en Ukraine. Le Kremlin a même rappelé son ambassadeur pour des "consultations", illustrant les tensions diplomatiques qui s'élèvent autour du Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, qui envoie des signaux d'ouverture vers l'Occident.
Une dépendance persistante à Moscou
Bien que l'Arménie n'ait pas exprimé le souhait de rejoindre l'Union européenne, son intérêt pour un rapprochement a ravivé les tensions avec son puissant voisin. L'historienne Taline Ter Minassian souligne que cette crainte d'un "scénario ukrainien" est très exagérée. "L'Arménie a déjà fait face à deux guerres. Évoquer le pays comme une future Ukraine ignore son histoire complexe et ses luttes récentes." Selon elle, la dépendance économique de l'Arménie vis-à-vis de la Russie demeure forte, avec des avantages commerciaux significatifs et une présence militaire russe sur son sol. Quitter ce cercle serait désastreux, menaçant jusqu'à 14 % de son PIB, selon le Courrier international.
Nikol Pachinian a affirmé dans une déclaration rapportée par Armenpress que l'Arménie attache toujours une grande importance à ses relations avec la Russie, désormais vues comme en phase de "transformation positive". Un équilibre difficile à maintenir, surtout dans un contexte sécuritaire précaire, où l'Azerbaïdjan représente une menace palpable.
Une position géographique convoitée
L'intérêt croissant pour l'Arménie s'explique également par sa position stratégique au croisement des influences russe, turque, iranienne et occidentale. Le conflit récent avec l'Azerbaïdjan sur le Ohaut-Karabakh a éveillé l'intérêt occidental pour Erevan comme un contrepoids à l'influence russe. Brussels soutient activement le rapprochement du gouvernement de Pachinian, qui cherche à nouer de nouveaux partenariats.
La Chine, de son côté, s’intéresse de près à l'évolution de la situation. Selon l'historienne Ter Minassian, "les luttes d'influence sont palpables. Tout le monde veut avoir son mot à dire et sa part du gâteau". L'Arménie se retrouve ainsi au cœur d'une lutte de pouvoir entre plusieurs nations, renforçant sa position à la croisée des chemins, un petit État entouré de grandes ambitions.







