Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu le 3 juin entre Israël et le Liban, les affrontements ont perduré le vendredi suivant, illustrant des tensions toujours vives entre l’État hébreu et le groupe islamiste Hezbollah, soutenu par l’Iran. Face à cette dynamique inquiétante, le gouvernement libanais a appelé Téhéran à cesser son ingérence sur le sol libanais.
“Les hostilités entre Israël et le Hezbollah ne montrent que peu de signes d’apaisement”, souligne The New York Times, alors que Tsahal intensifiait ses frappes sur diverses localités du sud du Liban et ordonnait l’évacuation des habitants de la région.
La poursuite des violences remet sérieusement en question la légitimité de l’accord de cessez-le-feu obtenu après des négociations directes à Washington, suscitant des doutes sur sa mise en œuvre, comme le note le quotidien américain.
Les espoirs placés dans cette trêve se sont déjà amenuisés suite aux déclarations du chef du Hezbollah, Naïm Qassem, qui a rejeté l’accord, le considérant comme “une capitulation et une défaite”, tout en appelant à un cessez-le-feu “global” et le retrait des troupes israéliennes.
« Ce n’est pas votre pays »
Ce rejet était prévisible ; les conditions imposées par l’accord obligent le Hezbollah à se retirer de la zone frontalière avec Israël et à garantir “l’arrêt complet” de ses attaques, sans donner de “concession immédiate à Israël”, souligne The New York Times. Il est également à noter que le Hezbollah n'a pas été partie prenante dans les négociations, laissant le gouvernement libanais dans une position délicate.
Impuissantes face à l’influence de Téhéran, les autorités libanaises ont haussé le ton en s'adressant directement à l'Iran. Le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam ont accusé Téhéran d’utiliser le Liban comme “une monnaie d’échange” dans ses relations avec les États-Unis, exigeant ainsi une cessation de son ingérence, rapporte L’Orient-Le Jour.
“Ce n’est pas votre pays, c’est le nôtre,” a déclaré Aoun dans une interview accordée à CNN, affirmant que les Libanais méritent de vivre en paix et dans la dignité, loin de la destruction récurrente de leurs foyers.
Des milliers d’évacuations
Sur le terrain, “des milliers de personnes ont quitté leurs maisons”, après que Tsahal a ordonné l’évacuation de neuf villages du sud du Liban, selon The Guardian, ces frappes ayant causé des pertes humaines, faisant notamment six morts.
Des centaines de familles ont ainsi été forcées de quitter des localités comme Anqoun, qui abritait déjà un nombre élevé de personnes déplacées. D'autres frappes ont ciblé des véhicules dans la région de Nabatieh, et une lourde activité d'artillerie a été constatée à Kfar Tebnit.
Pour sa part, le Hezbollah a affirmé avoir mené “32 opérations distinctes” contre les forces israéliennes entre jeudi et vendredi, ciblant notamment des troupes et des véhicules militaires, comme le rapporte Al-Jazeera.
Parallèlement, la communauté internationale s'inquiète de cette escalade. Les ministres des Affaires étrangères de onze pays, dont la France et le Canada, ainsi que la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, ont exprimé leur “profonde préoccupation” face à la détérioration des conditions de sécurité au Liban.







