L'affaire Lyhanna a mis en lumière des lacunes préoccupantes dans le traitement judiciaire des plaintes, suscitant un débat intense entre politiques. Gérald Darmanin a soutenu à plusieurs reprises que les défaillances observées n'étaient pas le résultat d'un manque de ressources, mais plutôt d'une nécessité de mieux prioriser les affaires de viols sur mineurs. Ce point de vue est cependant catégoriquement contesté par Yael Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, qui s'est exprimée le 12 juin sur la chaîne ICI Hérault.
En effet, alors que Darmanin insiste sur un défaut de priorisation, Braun-Pivet déclare : « Je suis totalement en désaccord ». Selon elle, cette approche néglige les défis réels auxquels la justice fait face, notamment le besoin de renforcer les moyens alloués au système judiciaire.
La présidente a fait valoir que même si le budget de la justice a été augmenté de plus de 50 % au cours de la dernière décennie, il reste insuffisant pour répondre aux besoins croissants. “Nous avons actuellement 1 500 magistrats en formation pour renforcer nos tribunaux, mais cela ne suffit pas”, a-t-elle souligné, appelant à un examen rapide et prioritaires des plaintes concernant les violences sexuelles.
Un appel à une législation intégrale
Braun-Pivet a également évoqué des carences législatives et a validé un texte de projet de loi intégrale sur les violences faites aux femmes et aux enfants. Elle a plaidé pour que l'examen de ce texte soit inscrit à l'ordre du jour d'une session extraordinaire prévue pour juillet ou septembre. “Cette loi doit devenir une priorité nationale. La République doit garantir la protection de ses enfants”, a-t-elle déclaré sur ICI Hérault.
Ces échanges témoignent d'un profond désaccord sur la stratégie à adopter pour améliorer la justice en France, alors que des voix continuent de s'élever pour une révision urgente des priorités législatives et budgétaires.







