La semaine prochaine, les 27 États membres de l'Union européenne (UE) entameront un dialogue crucial pour l'adhésion potentielle de l'Ukraine et de la Moldavie. Cette avancée survient au milieu d'un débat animé, notamment de la part de la France, de l'Allemagne et des États du Benelux, qui plaident pour une réforme du système d'élargissement, suite aux tensions avec la Hongrie.

“Une initiative dévoilée par la France, l'Allemagne et le Benelux propose de restreindre – au moins temporairement – le droit de veto des nouveaux membres sur des questions budgétaires et de sécurité intérieure et extérieure,” rapporte la Süddeutsche Zeitung du 12 juin. Cette démarche pourrait affecter non seulement l'Ukraine et la Moldavie, mais également l'Albanie et le Monténégro, dont les négociations d'adhésion s'accélèrent.

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a récemment suggéré l'établissement d'un statut de “membre associé” pour l'Ukraine, permettant à Kiev de participer aux discussions au sein de l'UE, sans pour autant bénéficier d'un droit de vote. Cette proposition prévoit également des dispositions pour retirer des droits si des reculades sur les droits fondamentaux ou la corruption sont constatées.

L’ombre d'Orban plane sur Bruxelles

Selon la Süddeutsche Zeitung, ces réflexions illustrent l'impact durable de l'ancien Premier ministre hongrois, Viktor Orban, sur Bruxelles. Sa récente défaite a été perçue comme un soulagement, après des années de tensions sur le respect de l'État de droit et les relations avec l'Ukraine.

D'autres nations, comme la Slovaquie, confrontée à des enjeux similaires de corruption, se trouvent également sous la loupe. Les diplomates estiment cependant que le cas d'Orban demeure unique en raison de la gravité de ses infractions, commises alors qu'il profitait massivement des subventions européennes.