Un nouveau rapport de l'Institut Thomas More propose une analyse détaillée des cinquante choix politiques qui, selon les auteurs, ont précipité la France dans un contexte de déclin depuis 1975. Ce document de 112 pages aborde divers domaines tels que l'éducation, l'immigration, la justice, l'Europe, la fiscalité, l'industrie, et l'énergie, tout en se projetant sur les prochaines élections présidentielles de 2027.
Ce rapport ressemble à un acte d'accusation où les autorités envisagent 1975 comme un point de départ important. L'année est mise en lumière comme celle où la France, après avoir profité des Trente Glorieuses, aurait eu l'opportunité de redéfinir son avenir, mais a plutôt choisi une série d'erreurs.
1975 : une année charnière pour la France
Les analystes, Jean de Belot, Tarick Dali et Jean-Thomas Lesueur, soutiennent que le pays avait alors une base solide : une industrie florissante, une diplomatie respectée, et un système éducatif compétent. Au lieu de corriger ses faiblesses, la France aurait intensifié ses erreurs. Le rapport met en avant la loi Haby de 1975, qui instaura le collégial unique et marquait le début du “nivellement par le bas”, remettant en cause la rigueur nécessaire à l’éducation.
De nombreuses réformes ont été mises en cause, comme le programme EVARS de 2025. L’Institut Thomas More critique l’école en soulignant que son rôle d’enseignement a été remplacé par un agenda idéologique, impactant les résultats scolaires, dont l'écart avec les meilleurs pays est de plus en plus flagrant.
Immigration : un tournant décisif
Le rapport évoque également le décret sur le regroupement familial en 1976, évoqué comme un tournant. Ce choix a conduit à des régularisations massives, rendant le système migratoire de plus en plus complexe. Des statistiques avancées dans le rapport révèlent que l'État français peine à appliquer ses propres ordonnances d'expulsion, la France n'exécutant que 12 % de ses Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF).
Un choix économique fatidique
Sur le plan économique, diverses décisions, telles que l'impôt sur la fortune, la retraite à 60 ans et les 35 heures, sont citées comme ayant contribué au déclin. Le rapport décrit ces réformes comme des ruptures majeures, nuisant à la compétitivité du pays dans un contexte mondial en mutation rapide.
Il critique par ailleurs le modèle de l'État-providence devenu trop coûteux et inefficace. Des mesures d'assistance sociale n'ont pas abouti à une réelle intégration des bénéficiaires sur le marché du travail.
Un État déséquilibré
Les auteurs constatent une présence excessive de l'État dans des domaines tels que la réglementation alors qu'il reste absent là où il devrait intervenir. Malgré une augmentation significative des effectifs de la fonction publique, les résultats tangibles restent en deçà des attentes. Cette situation met en lumière un paradoxe : plus de moyens et moins d'efficacité.
Une Europe mal construite
Concernant l'Europe, l'évaluation de l'Institut Thomas More se concentre sur des événements majeurs tels que Maastricht et l'introduction de l'euro, critiquant les choix français qui se sont fait au détriment d'une véritable puissance européenne.
La France aurait connu une libéralisation sans avoir les outils pour gérer les conséquences structurelles que cela engendrait. L’endettement français aurait été masqué par le cadre européen, selon le rapport.
Au bord d'une crise profonde
Le rapport dresse un tableau sombre : une France minée par l'insécurité, un État-providence impuissant et un système éducatif déclassé. Toutefois, il conclut sur une note d'espoir : les mêmes décisions politiques qui ont causé ce déclin pourraient également être les clés d'un rebond.
Un second rapport dédié aux solutions est prévu pour l'automne, promettant un catalogue de mesures pour redresser la France. Ainsi, l'Institut Thomas More appelle à un diagnostic complet des erreurs passées afin de donner naissance à des politiques de redressement efficaces.







