La réhabilitation de l’ancien hôpital de la Marine à Rochefort progresse rapidement, notamment au sud où des travaux de rénovation sont en cours. Cependant, la situation se complique pour la parcelle nord, délimitée par les rues Laborit, Quoy et Amiral-Meyer. En août 2025, le propriétaire Aron Cohn a déposé un nouveau permis de construire qui soulève de nombreuses controverses.
Après avoir vendu la partie sud au groupe François Ier en 2022, Aron Cohn avait mis en avant ses projets ambitieux pour les 3,5 hectares restants. Habitué à saisir des opportunités, il confie cependant que ses intentions ne sont pas seulement financières, ayant déjà investi plus de 100 000 euros depuis 2011 dans l'hôpital de la Marine. Selon lui, le projet de l'architecte Christian Menu est non seulement beau mais aussi bioclimatique, visant à s'inscrire en harmonie avec la réhabilitation actuelle.
Pourtant, la municipalité n'est pas du même avis. Les plans de Cohn prévoient 461 logements, un hôtel et un casino, ce qui semble insuffisamment en phase avec les orientations d'aménagement de la ville de Rochefort. Régis Seuwin, un des élus, souligne que ce plan, jugé trop dense, ne respecte pas la morphologie urbaine souhaitée par la ville, faisant craindre une réelle rupture entre la parcelle nord et le patrimoine historique du sud.
Thierry Lesauvage, chargé de l'urbanisme, rappelle que les infrastructures, telles que les réseaux d’électricité et d'eaux usées, ne sont pas adaptées à un si grand nombre de constructions. Il refuse que ce projet entraîne la création d'un quartier fermé « à l'américaine », qui irait à l'encontre de l’esprit communautaire souhaité pour la ville. De plus, des experts, tels que ceux des Bâtiments de France, ont déjà émis des réserves sur la conformité de ce projet à la réglementation actuelle.
La question demeure : l'extension des droits de construire pour le nord était-elle une bonne décision ? Les anciens élus et diverses associations environnementales avaient mis en garde contre ce type de dérives. Ce dilemme devrait être soigneusement examiné, d'autant plus que le propriétaire se trouve encore en quête de nouveaux promoteurs pour allier ses ambitions à celles de la municipalité.







