Un vaste coup de filet mené dans la nuit du 27 au 28 juin a vu l'arrestation d'environ quarante personnes soupçonnées de corruption, dont plusieurs députés, à Bagdad et dans d’autres régions du pays. Cette action, orchestrée par le Premier ministre irakien Ali Al-Zaïdi, s'inscrit dans sa volonté de combattre la corruption endémique et de désarmer les milices pro-Iran.
Aux premières lueurs du 28 juin, la Zone verte de Bagdad, où se trouvent les institutions politiques majeures et les résidences des décideurs, a été entièrement verrouillée par des chars et véhicules blindés. Selon le quotidien Al-Mada, l’opération intitulée “Assaut de l’aube” vise à frapper au cœur du système de corruption, qualifié de “baleines de la corruption”, un fléau persistant depuis des décennies.
Cette “nuit extraordinaire” a conduit à l'interpellation de 47 individus, dont des figures respectées au sein du ministère du Pétrole. Le nouveau Premier ministre a pour mission de contenir l'influence des puissantes milices chiites alliées à l’Iran et doit se rendre à Washington à la mi-juillet.
Les arrestations sont le fruit des révélations fournies par le vice-ministre du Pétrole, Adnan Al-Jumaïli, qui a été arrêté en mai dernier. Ce dernier a remis aux autorités une liste de 128 personnes impliquées dans des affaires de corruption, tandis que plus de 85 millions de dollars avaient été saisis dans l'affaire le concernant.
Date limite pour désarmer
Ali Al-Zaïdi s'attaque à la corruption et à la gabegie, deux fléaux qui minent la nation. En effet, les classements internationaux placent l'Irak parmi les pays les plus corrompus au monde. Bien que des actions similaires aient eu lieu dans le passé, elles ciblaient souvent uniquement des responsables de second ordre.
Toutefois, selon Al-Mada, cette opération pourrait s’inscrire dans un “agenda politique plus large”, coïncidant avec la visite du chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, à Bagdad. Le Premier ministre irakien mise également sur le contrôle étatique des armes, une exigence relayée par les États-Unis. Le gouvernement a ainsi donné jusqu’au 30 septembre aux milices pro-Téhéran pour se désarmer.
Ce lundi, Ali Al-Zaïdi, qui a récemment rencontré l'envoyé spécial de Donald Trump, Tom Barrack, se prépare pour son premier voyage officiel aux États-Unis.







