Lors du 40e congrès du Parti communiste, qui se tient à Lille, Fabien Roussel a signifié son intention de se lancer de nouveau dans la bataille présidentielle. Une annonce qui n'est pas sans déplaire à certains membres de son propre parti et à La France insoumise (LFI), qui lui reprochent de ne pas avoir soutenu Jean-Luc Mélenchon en 2022.
Le congrès a ouvert ses portes vendredi et se poursuivra jusqu'à dimanche, avec une forte probabilité que le secrétaire national soit réélu dans ses fonctions. Fabien Roussel a déclaré à la tribune : "Si vous le souhaitez, je suis prêt à mener ce combat à vos côtés une nouvelle fois". Les militants semblent privilégier l'idée d'une candidature active plutôt que d'un retrait stratégique.
Le vote des militants programmé pour le 6 septembre constituera une étape cruciale pour désigner le candidat à l'Elysée. En mars, Roussel a été réélu à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux, renforçant son combat pour une candidature communiste.
Au cours d'un vote en juin, les membres du PCF ont approuvé la projection d'une candidature issue de leurs rangs par 61,4 % des voix, moins qu'au dernier congrès où près de 82 % avaient soutenu son orientation. Ce retournement a conduit Manuel Bompard, coordinateur de LFI, à affirmer que la position de Roussel est désormais affaiblie, tout comme Jean-Luc Mélenchon qui a évoqué sur X une rupture à prendre en compte.
Les mauvais souvenirs du score de 2,28 % obtenu par Roussel en 2022 hantent encore. Une performance jugée par beaucoup comme un coup d’arrêt à la dynamique des communistes, en parallèle des accusations de LFI, qui blâment Roussel d'avoir empêché la qualification de Mélenchon au second tour.
Roussel, bien que critiqué, persiste à vouloir porter l'étendard communiste, annonçant : "Nous ne sommes pas là pour rester spectateurs". Son argumentation repose aussi sur une promesse de défendre les valeurs historiques du PCF et de combattre l'extrême droite, qu'il accuse de foisonner dans le discours politique actuel.
Masqué par des inquiétudes au sein même de son parti, des figures comme Stéphane Peu, chef de file des députés, soutiennent un rapprochement avec LFI pour la prochaine législature, affirmant que la candidature à la présidentielle pourrait nuire au PCF.
Dans cette compétition, Roussel joue sa dernière carte en intégrant une imagerie nostalgique et des promesses de renouveau, espérant séduire à nouveau la classe ouvrière. Cependant, cette stratégie ne fait pas l’unanimité, tant la division règne au sein des rangs communistes.
Le débat interne pourrait se poursuivre, bien que des propositions de "clause de revoyure" aient été rejetées, permettant à Roussel de continuer sa route sans incertitudes. "Je ne souhaite pas remettre en question ma candidature en cours de route, mais qui suis-je pour interdire à un autre de le faire ?" a-t-il affirmé dans un entretien récent à l'Humanité.







