Le député socialiste Philippe Brun a qualifié d'anecdotiques les aides gouvernementales sur les carburants, dans un rapport parlementaire publié ce mercredi 15 juillet. Alors que le gazole repasse la barre des 2 euros, l'élu de l'Eure propose une réforme de la fiscalité sur le modèle espagnol, une option que le gouvernement refuse.
"On a arrosé du sable". C’est ainsi que M. Brun décrit la gestion de la crise des carburants par l’exécutif. Selon lui, les aides mises en place ont été largement inefficaces. Interviewé par RMC, il a exposé les conclusions d’un rapport publié le 15 juillet, suite à une mission flash commandée par la commission des Finances de l'Assemblée nationale.
Des aides jugées trop limitées
Ce rapport souligne que les aides pour les ménages concernant les carburants n'ont pas eu l'impact escompté, étant considérées comme "sous-utilisées". Par exemple, l'aide de 100 euros pour les gros rouleurs est jugée "très insuffisante pour les ménages ruraux, notamment les plus vulnérables".
Les critères d'attribution sont qualifiés de "trop ciblés", ce qui limite leur efficacité économique. Cette aide, introduite au printemps puis renouvelée en réaction à la crise mondiale, s'adresse seulement aux ménages sous un certain seuil de revenu qui utilisent leur véhicule pour des raisons professionnelles.
Brun critique également le fait que l’aide n’a pas profité aux personnes réellement dans le besoin. "On a arrosé du sable, on n’a pas aidé les gens à défendre leur pouvoir d’achat", dénonce-t-il. Il rappelle que malgré l'envolée des prix de l'essence à partir du 28 février, beaucoup n'ont commencé à bénéficier des aides qu'en juin.
Une proposition de fiscalité "flottante" à la espagnole
Le député propose d'insuffler une fiscalité "flottante", inspirée du modèle espagnol. Ce système permettrait d'adapter les taxes automatiquement en fonction des fluctuations du prix des carburants. Selon lui, le modèle espagnol est une preuve que cela peut fonctionner efficacement.
Cependant, cette initiative a été rejetée par Maud Bregeon, la ministre déléguée à l’Énergie, qui souligne que les capacités d’aide en Espagne reposent sur des réformes financières profondes, notamment concernant les retraites.
Le retour à la barre des 2 euros
Concernant les aides, la ministre a admis que seulement 1,1 million de personnes, soit environ "un peu moins de 40 % des éligibles", ont effectivement perçu l’aide aux gros rouleurs. Malgré cela, cette aide a été prolongée jusqu'à fin juillet, et un réexamen sera effectué après cette échéance, compte tenu des pressions croissantes sur les prix du pétrole.
Après une brève période en dessous de 2 euros, le gazole a de nouveau franchi ce seuil symbolique, aggravant les préoccupations des automobilistes à l'approche des vacances.







