Trois jours après les déclarations polémiques d'Arno Klarsfeld appelant à organiser des « rafles » contre les personnes en situation irrégulière en France, le Conseil d’État a pris la décision de lancer, le 27 janvier, une procédure disciplinaire à son encontre, selon les informations rapportées par l’Agence France-Presse. Klarsfeld risque une sanction allant de l’avertissement à la radiation, en passant par le blâme et la suspension temporaires de la haute juridiction dans laquelle il siège depuis 2010.
Les propos de Klarsfeld – en réponse à une question concernant un suspect impliqué dans un meurtre à Nice – ont provoqué une onde de choc au sein du Conseil d’État. Didier Roland Tabuteau, vice-président de cette institution, a adressé une dénonciation pour « manquement à la déontologie », qualifiant cette procédure de « rare », selon une source proche du dossier. Ces éléments témoignent de la gravité de ses propos, qui rappellent des périodes sombres de notre histoire, suscitant une indignation généralisée.
Le Conseil d’État, dont la commission disciplinaire est composée de personnalités qualifiées, a pris cette initiative après que Klarsfeld ait, sans hésitation, proposé de faire des « rafles » à la manière de l’ICE américain, une idée qui a immédiatement suscité des réactions vives. Chantal Arens, ancienne présidente de la cour d’appel de Paris, a fait remarquer : « La comparaison est inacceptable. Elle rappelle des pratiques révolues et doit être condamnée sans réserve ».
« Une onde de choc »
Les réactions à gauche ne se sont pas fait attendre. Stéphane Peu, député du Parti communiste, a témoigné de son horreur face aux propos de Klarsfeld, rapportant qu'il envisageait d'écrire au président de la République et au président du Conseil d’État pour évoquer « l’incompatibilité avec ses fonctions ». De son côté, Olivier Faure, dirigeant du Parti socialiste, a fait savoir qu’il ferait appel à la loi de 1881 sur la liberté de la presse, affirmant que Klarsfeld devait être tenu responsable de ses provocations.
Les critiques se sont intensifiées, Thomas Portes, de la France Insoumise, a également prévu de saisir l’Arcom, le régulateur des médias, soulignant que les déclarations de Klarsfeld dépassent le cadre de la simple provocation et frôlent des appels à des actes discriminatoires.
Face à cet tumulte médiatique, Klarsfeld a tenté de défendre ses mots en évoquant un contresens, affirmant que « rafle » n’évoquait pas la même chose dans le contexte actuel que durant l’Holocauste. Cette justification a été largement critiquée et qualifiée de déplacée. La communauté juive et d’autres groupes de défense des droits humains, tels que SOS Racisme, se sont également exprimés, déplorant l’utilisation d’un terme chargé d'une si forte connotation historique.
Au vu de la gravité des accusations et des réactions, la décision finale du Conseil d’État quant aux sanctions à prendre à l'encontre d’Arno Klarsfeld sera très attendue, tant sur le plan juridique que moral. L’affaire soulève également des questions sur la responsabilité des personnalités publiques et leur discours, surtout dans un contexte aussi sensible.







