La perception des institutions locales connaît un regain de confiance, selon les dernières données du baromètre CEVIPOF. Une majorité écrasante, soit 79 % des Français, exprime le souhait d’accorder davantage de pouvoir aux collectivités territoriales. Ce courant vers la décentralisation pourrait-il révolutionner le paysage politique français ?
Alors que les principaux acteurs politiques nationaux, tels que les partis, les élus et les médias, souffrent d'une image ternie, les institutions qui véhiculent des valeurs de soin, de protection et de solidarité, comme les hôpitaux (79 % d'opinions favorables), la gendarmerie (77 %), et l'armée (75 %), jouissent d'une confiance notable. Quant aux élus locaux, ils continuent de bénéficier d'un soutien solide, créant une dynamique encourageante pour les prochaines élections municipales.
Une proximité fondamentale qui renforce la confiance
Selon Luc Rouban, directeur de recherche émérite au CNRS, « 60 % des personnes interrogées ont confiance dans leur maire, 58 % dans leur conseil municipal, et même 46 % dans leur conseil régional. Pourtant, peu connaissent réellement la composition et le fonctionnement de ces conseils ». Il souligne que, dans le contexte actuel, la scène politique nationale semble déconnectée des réalités quotidiennes des citoyens, qui privilégient une approche locale plus efficace et tangible. Ainsi, 79 % des Français conviennent qu'il est crucial d'accroître les prérogatives des collectivités face à l'État.
Les attentes vis-à-vis du niveau local sont particulièrement marquées, notamment en matière d'économie, de sécurité et de santé. Sébastien Lecornu a d'ailleurs promis de favoriser cette dynamique, parfois même de manière assez radicale.
La décentralisation des fonctions régaliennes
Le transfert de certaines responsabilités étatiques vers le niveau local témoigne d'un affaiblissement de la perception qu’a une partie des citoyens de l'État. Ce phénomène remet en question le modèle classique de l'État-nation. Comme le souligne Luc Rouban, « 58 % des Français soutiennent l'idée d'une transition vers un modèle fédéral, octroyant une plus grande autonomie aux régions ». Cette évolution vers le fédéralisme entérine une nouvelle vision politique qui se dessine déjà dans les Outre-mer, où l’autonomie et l’émancipation sociale deviennent des priorités inaccessibles avec les structures décisionnelles actuelles.







