La question de la vidéosurveillance algorithmique dans les commerces est au cœur des discussions à l'Assemblée nationale. Avec une expérimentation envisagée jusqu'en 2027, le gouvernement cherche à lutter contre le vol, mais cette initiative suscite un large éventail de préoccupations relatives aux libertés individuelles.
Lors de la séance du 16 février, le texte intitulé "améliorer la protection des commerçants grâce à l’usage d’outils numériques" a été débattu, souvent critiqué par des représentants de la gauche. Ce projet de loi permettrait aux quartiers commerciaux d'adopter des systèmes d'alertes intelligents, basés sur des caméras dont l’analyse des images se fait en temps réel via l'intelligence artificielle.
Le système a déjà fait ses preuves sur la voie publique, notamment lors des Jeux Olympiques de Paris 2024.
Que prévoit concrètement le texte discuté ?
Ce texte envisage une utilisation de la vidéosurveillance algorithmique dans les commerces de détail, grandes surfaces et centres commerciaux à risque, avec un objectif de détection en temps réel. Cette technologie permettrait de signaler immédiatement des événements présentant un risque de vol.
Selon Paul Midy, député d'Ensemble pour la République et rapporteur du texte, environ 2 000 à 3 000 commerces utilisent déjà ces technologies, ce qui aurait permis une réduction des vols de 20 à 50 %. Le coût d’installation serait abordable, environ 20 euros par mois, comme il l’a précisé à LCP.
Comment le texte a-t-il été encadré ?
En commission des lois, les députés ont opté pour une expérimentation plutôt qu'une application immédiate de la vidéoprotection algorithmique. En cas d'adoption, l’utilisation de l’IA se limiterait à un usage en direct. Aucune analyse a posteriori des vidéos ne serait autorisée. De plus, la collecte de données biométriques ou de reconnaissance faciale serait proscrite. Toutes ces mesures doivent se conformer au RGPD, et l’approbation d’usages par le préfet sera nécessaire.
Que disent les opposants ?
Elisa Martin, députée LFI, avait déposé une motion contre ce texte qu’elle considère dangereux pour "notre droit d’aller et venir" et "notre liberté d’expression". D’autre part, le député Stéphane Lenormand (LIOT) a exprimé des doutes quant à l’accessibilité de cette technologie, soulignant que les petits commerces pourraient être désavantagés au profit des grandes enseignes.
La suite des événements est claire : après une possible adoption par les députés, le texte devra être validé par le Sénat avant de revenir à l’Assemblée nationale si des modifications sont apportées.







