Lyon en mémoire de Quentin Deranque : un hommage controversé sous haute protection

3.000 personnes défilent à Lyon en hommage à Quentin Deranque, dans un contexte de tensions politiques.
Lyon en mémoire de Quentin Deranque : un hommage controversé sous haute protection
©OLIVIER CHASSIGNOLE, AFP - Alice Cordier, du collectif identitaire Némésis, lors de la marche en hommage à Quentin Deranque une semaine après la mort du jeune militant d'extrême droite radicale battu à mort

À Lyon, plus de 3.000 personnes se sont réunies ce samedi pour honorer la mémoire de Quentin Deranque, jeune militant d’extrême droite tragiquement décédé. Derrière des portraits révélateurs, la manifestation a été encadrée par un impressionnant dispositif policier, témoignant des tensions entourant cet événement.

Bien que les participants aient évité d'afficher des signes d'organisations, certains symboles des mouvements d'ultradroite étaient présents. Au cœur de la marche, des membres du collectif identitaire Némésis ont porté des roses blanches, tandis que des slogans tels que "l'extrême gauche tue" résonnaient au milieu des drapeaux bleu-blanc-rouge.

Sept suspects ont été mis en examen pour l’homicide de Quentin, dont deux figurent parmi les assistants d'un député LFI. La marche, bien que pacifique, a néanmoins été marquée par quelques tensions, comme en témoigne une voisine qui a lancé un œuf en signe de contestation.

Pour prévenir toute escalade de violence, le ministère de l’Intérieur a mis en place un dispositif de sécurité renforcé, incluant des CRS, des gendarmes mobiles et même des drones surveillant le cortège. À chaque approche de contre-manifestants, les forces de l'ordre étaient prêtes à intervenir.

La préfète du Rhône, Fabienne Buccio, a souligné l'importance de maintenir l’ordre tout au long de l’événement, disposant d'une vigilance qui s’étendrait jusqu'en soirée pour éviter tout affrontement. Malgré certaines interdictions, des participants masqués étaient également notés au sein du cortège.

La présidente de Némésis, Alice Cordier, et d'autres figures identitaires ont pris la parole pour critiquer le "système" qu'ils considèrent responsable de la mort de Quentin. De son côté, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a exprimé sa réticence face à l'idée que la ville puisse devenir le bastion de l’ultradroite.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dû peser le besoin de préserver la liberté d'expression face aux menaces de violences potentielles. Dans un contexte tendu, Emmanuel Macron a appelé à la sérénité, incitant à un dialogue sur les "groupes d'action violente".

Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a exprimé ses réserves sur l’honnêteté de l'État, rejetant le lien entre son parti et des groupes d’ultradroite, une position qu'il a semblait peu honorable selon l'organisatrice Aliette Espieux.

L’hommage a également marqué un moment de recueillement dans l'église traditionaliste Saint-Georges, prisée par Quentin, qui a rassemblé ses proches dans un cadre symbolique fort. En parallèle, d'autres manifestations à Rennes ont rappelé le climat de division régnant en France, avec des contre-manifestants exprimant leur désaccord de manière virulente.

Ainsi, les événements tragiques entourant la figure de Quentin Deranque continuent de susciter de vives réactions et interrogations au sein de la société française, particulièrement en matière de sécurité et de liberté d’expression.

Lire aussi

Les municipales 2026 s'annoncent disputées à Blagnac
Découvrez les candidats aux municipales de 2026 à Blagnac. Analyse des enjeux, projets et attentes des citoyens.
00h08
Conflit en Iran : retour sur les événements marquants du 5 mars
Découvrez les faits marquants du 5 mars dans le conflit Iran-États-Unis-Israël, incluant des frappes, des menaces et des inquiétudes géopolitiques.
5 mars
Les maires dénoncent des ressemblances troublantes entre les programmes des candidats RN
Les maires de Bollène et Cavaillon dénoncent des similitudes troublantes dans les programmes des candidats RN, évoquant des plagiats et un manque de respect envers les électeurs.
5 mars
Quentin Deranque : l'homicide qui secoue Lyon, un septième suspect placé en détention
Lyon est en émoi après l'homicide de Quentin Deranque. Un septième suspect a été écroué tandis que des vidéos troublantes circulent sur internet, dévoilant les atrocités de l'agression.
5 mars
Scandale de corruption à Marseille : trois policiers municipaux sous les feux des projecteurs
À Marseille, trois policiers municipaux sont accusés de corruption passive pour avoir accepté des marchandises contrefaites. Une enquête est en cours.
5 mars
Marianne Maximi, candidate LFI, dénonce une agression sur un marché
Marianne Maximi, tête de liste LFI à Clermont-Ferrand, dénonce une agression lors d'une distribution de tracts. Elle souligne un climat de tension et les dangers de la rhétorique extrême. Les réactions affluent.
5 mars