Ce lundi 23 février, les députés du Rassemblement national (RN) ont pris l'initiative de déposer une motion de censure contre l'exécutif dirigé par Sébastien Lecornu. Cette mesure vise à exprimer leur désaccord face à la récente publication, par décret, de la stratégie énergétique de la France jusqu'en 2035, annoncée le 13 février.
Selon des sources de l'Agence France-Presse, le gouvernement attendait cette démarche, espérant que le dépôt et le vote de la motion de censure conduiraient à un remaniement ministériel prévu avant le weekend dernier.
« Un acte illibéral contre le Parlement », dénoncent les membres du RN
Marine Le Pen, présidente du groupe, a appelé ses collègues à s'opposer vigoureusement à ce qu'elle décrit comme une déviation du processus démocratique. Dans leurs déclarations, les membres du RN dénoncent une « politique décroissante » qui favoriserait les énergies renouvelables intermittentes tout en mettant en avant une « manipulation » concernant le nucléaire. Ils suggèrent que cette situation pourrait avoir des conséquences financières néfastes pour le pays.
Ils estiment également que le gouvernement aurait dû encadrer cette stratégie par la loi, conformément aux dispositions du Code de l'énergie, et critiquent un « choix irrationnel » aligné sur les critères imposés par la Commission européenne.
La motion de censure sera examinée dans les jours à venir, certainement mercredi, en raison d'un délai légal de 48 heures. Toutefois, l'absence de soutien de la gauche, qui a historiquement rejeté les motions de censure du RN, soulève des doutes quant à la faisabilité d'une véritable pression sur le gouvernement.
Une stratégie énergétique mise en question
La stratégie de politique énergétique a été révélée le 12 février, après de longues discussions et des reports. Le gouvernement propose un renforcement de l'utilisation de l'électricité décarbonée, principalement d'origine nucléaire, pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. Il prévoit également une diminution du développement d'énergies renouvelables comme l'éolien terrestre et le solaire.
En parallèle, des voix issues de la droite sénatoriale se sont élevées pour critiquer le choix du gouvernement de promulguer cette stratégie par décret. Un débat sur le sujet a d'ailleurs été planifié au Sénat, à l'instigation de Gérard Larcher, président de la chambre haute.







