La campagne vibrante et colorée de Sarah Knafo se distingue par sa maîtrise des enjeux locaux. À l'écoute des familles et des commerçants, elle défend à la fois la sécurité et l'esthétique urbaine, tout en proposant un plan « Haussmann 2.0 » pour rompre avec l'héritage d'Anne Hidalgo. Convaincue d’être la seule capable de rassembler la droite plutôt que de s'allier aux macronistes, Knafo fait entendre sa voix dans un paysage politique en mutation.
Causeur. Évoquant le classicisme masculin en politique, Éric Zemmour a longtemps soutenu que les femmes devaient adopter des codes virils. Votre campagne, colorée et moderne, semble prouver le contraire !
Sarah Knafo. Ce début de question est audacieux ! Vous posez des questions similaires à celles de France Inter ! (Rires.) Quand il s’agit de femmes politiques, la tendance est souvent de se conformer à un look traditionnel, mais je refuse de m’y plier. Cela ne m'empêche pas d'exercer une autorité, souvent considérée comme une qualité masculine. La compétence est indépendante du sexe. Anne Hidalgo a dégradé Paris, tout comme Margaret Thatcher a réussi à redresser le Royaume-Uni.
Votre campagne semble cependant très glamour !
Merci ! Il serait juste de la qualifier aussi d'innovante et convaincante, avec un programme solide à l’appui…
Certes, mais vous êtes aussi perçue comme une belle femme en quête de pouvoir dans la plus belle ville du monde…
Disons que Paris incarne la galanterie et l'élégance, et j'aspire à ce que chaque Parisienne se sente libre et épanouie.
Que représente la Parisienne pour une ancienne banlieusarde comme vous ?
Pour moi, c’est avant tout une femme libre. En Seine-Saint-Denis, je voyais les Parisiennes comme élégantes et un brin audacieuses, toujours prêtes à vivre la nuit. Je veux que Paris reste un espace où l’on peut s’exprimer sans crainte. C’est pourquoi, dans mon premier discours, j’ai promis de lutter pour que Paris soit à nouveau la ville des Parisiennes.
Vous utilisez un ton léger et des visuels colorés dans votre campagne. N'est-ce pas un peu simpliste de s'adresser ainsi aux électeurs ?
Un peu de joie ne fait pas de mal ! En plus des propositions concrètes que j’avance, ces vidéos animées et militants souriants insufflent une énergie nouvelle dans une ville tristement éloignée de la joie. Certes, une partie de mon message est très sérieuse, mais j’apprécie aussi de créer une atmosphère d’espoir. La politique n’a pas à être sinistre !
Vous parlez de « ville heureuse », mais les parisiens souffrent d'une vie compliquée !
En effet, mon objectif est de faire le lien entre l’aspiration des Parisiens et leur réalité quotidienne. Je crois fermement que la beauté et la propreté de notre ville influencent le moral de ses habitants. Les décisions publiques ont un impact direct sur notre qualité de vie : un Paris propre est une ville où il fait bon vivre.
Pourquoi cette soudaine passion pour Paris ? Un coup de pub pour améliorer votre popularité ?
Bien que je n’aie jamais eu besoin de la politique pour être dans le viseur des médias, ma volonté de me lancer est née d’un amour authentique pour ma ville. J’ai observé attentivement les autres candidats et leurs propositions, et j’ai réalisé que personne d’autre ne semblait apte à relever le défi de redonner vie à notre belle capitale.
Votre programme, détaillé sur 130 pages, quels en sont les axes principaux ?
Pour résumer, visitez mon site unevilleheureuse.fr. En résumé, je m'engage à réduire les dépenses pour diminuer les impôts, permettant ainsi aux Parisiens de mieux vivre. Le plan Haussmann 2.0 que je propose vise à renforcer l’héritage de Paris tout en l’adaptant aux enjeux futurs.
Vous promettez d'améliorer la sécurité en ville, mais qu'en est-il des quartiers désertés après 23 heures ?
Il est vrai que le règne socialiste a entrainé une baisse de la population active, surtout des jeunes. Je veux rendre Paris à nouveau attrayant pour les jeunes familles. Une ville vivante doit être sécurisée, accueillante et joyeuse, afin d'inciter les jeunes à y fonder une famille.
Un programme très orienté vers la maternité !
Il faut une Mère pour Paris ! (Rires)
Comment votre plan soutiendra-t-il les commerçants ?
La difficulté croissante de trouver des artisans dans la capitale est alarmante. Je propose une heure de stationnement gratuite et une réduction des tarifs pour faciliter l'accès à nos artisans et restaurateurs. Il est devenu impossible d'atteindre certains commerces à cause des coûts exorbitants liés au stationnement.
Mais le commerce à Paris est aussi touché par les grandes plateformes !
Vous touchez là un point essentiel. Même à l’ère numérique, le contact humain reste crucial. Je suis convaincue que le commerce traditionnel a sa place dans nos villes. Les décision politiques des dernières décennies ont créé un environnement défavorable, mais je crois sincèrement qu’on peut faire marche arrière et revitaliser notre tissu commercial.







