Villeneuve-Saint-Georges : un héritage financier complexe pour le futur maire

À Villeneuve-Saint-Georges, le prochain maire devra jongler avec un budget restreint malgré des efforts de désendettement.
Villeneuve-Saint-Georges : un héritage financier complexe pour le futur maire
Villeneuve-Saint-Georges. La durée de désendettement de la ville atteignait plus de 24 années à l'issue des mandats de Sylvie Altman (PCF) en 2019. Elle fut ramenée à 6,4 ans en 2024 par l'ex-maire Philippe Gaudin (DVD), qui stoppa les investissement

En 2019, après deux mandats communistes, la ville était à deux doigts de la banqueroute. Philippe Gaudin (DVD), qui souhaitait abonder les impôts, a entrepris un désendettement de 2020 à 2024, mais au prix de coupes budgétaires sévères, laissant un arriéré de 3,5 millions d'euros. La maire actuelle, Kristell Niasme (LR), a entrepris de relancer les investissements.

Philippe Gaudin se remémore sa prise de fonction. À peine élu maire de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), il reçoit trois inspecteurs de la Chambre régionale des comptes qui l'informent de l'état déplorable des finances de la commune.

La municipalité, après deux mandats de Sylvie Altman (PCF), était au bord de la faillite, avec une dette atteignant 4,44 millions d'euros en 2019, soit 1 342,95 euros par habitant. À une semaine du premier tour des élections municipales, le Parisien a examiné la trajectoire de cette dette, dans une ville affichant le taux de pauvreté le plus élevé du Val-de-Marne et seulement 41 % de foyers imposables, selon l'Insee.

Le bilan révèle une légère amélioration, avec une réduction de plus de 27 % du montant de l'endettement. Cependant, le budget de Villeneuve-Saint-Georges se présente encore comme un défi, plus complexe que celui des autres municipalités du Val-de-Marne. Les candidats en lice pour le poste de maire multiplient les promesses alléchantes pour séduire les électeurs, mais l'héritage financier lourd de la ville pèse sur leurs projets.

En 2019, la durée de désendettement s'élevait à 24 ans, un niveau alarmant selon la Chambre régionale des comptes, qui soulignait que les charges de fonctionnement augmentaient plus rapidement que les recettes et que les dépenses de personnel avaient connu une flambée de 16,6 %. Pour la première fois cette année-là, la capacité d'autofinancement de la ville ne couvrait plus le service de la dette, qui avait augmenté de 18 %.

Philippe Gaudin se remémore la réaction des inspecteurs : « Vous aviez plein de projets dans votre programme ? La seule chose que vous devez faire, c'est des économies. » Déterminé, il a dû renoncer à plusieurs projets d'envergure.

Gaudin laisse 3,5 millions d’euros d’impayés

Grâce à des coupes radicales, la dette a été réduite à 3,22 millions d'euros en 2024, soit 904 euros par habitant, et la durée d'endettement ramassée à 6,45 ans. Gaudin se félicite d'avoir laissé un excédent de 6 millions d'euros sans augmenter les impôts, bien qu'il ait initialement envisagé une hausse de la taxe foncière, projet qui avait suscité une vive opposition.

Un tournant survient en février 2025 lorsque Kristell Niasme (LR) prend les rênes après des élections municipales intempestives, hérité d’une montagne de factures impayées. Un audit de la CRC, réalisé peu après la passation de pouvoirs, a révélé un montant alarmant de 3,5 millions d'euros d'impayés, attribués à des dysfonctionnements majeurs.

« Nous poursuivons le désendettement »

Kristell Niasme s'est retrouvée à devoir « faire davantage avec moins », dénonçant la gestion de Gaudin comme une politique de parconfigie qui laisse les factures impayées et entraîne un délabrement du patrimoine. « C’est 350 000 euros de frais d’avocat pour des plaintes qu’il a engagées et qu’il perd. » Elle met en avant une politique de désendettement, avec un niveau d'endettement actuel de 884 euros par habitant, contre 986 euros en moyenne dans le Val-de-Marne. Toutefois, le report du débat sur les orientations budgétaires de 2026 remet en question sa transparence, provoquant la critique des candidats de gauche.

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