À moins d'une semaine des élections municipales, la stratégie patiemment mise en place par Édouard Philippe, le chef d'Horizons, semble déjà vaciller. À Paris, Nice et au Havre, les alliances révèlent des tensions sous-jacentes.
Rachida Dati a enflammé les débats dans l'entourage d'Édouard Philippe. Lors d'une intervention sur Sud Radio, le 4 mars, l'ancienne ministre a remis en question la position de Philippe en rappelant que des procédures judiciaires le concernent également.
Dans le cercle d'Édouard Philippe, la réaction ne s'est pas fait attendre. "C'est une attaque gratuite, surtout après ce qu'il a fait pour elle", a fait savoir un membre du parti, selon Libération. Quelques jours auparavant, Philippe avait pourtant publiquement désavoué son candidat à Paris, Pierre-Yves Bournazel, après que celui-ci ait exclus toute alliance avec Dati au second tour.
C'est dans ce climat tendu qu'Édouard Philippe a réaffirmé, lors d'une interview à l'AFP, son engagement : il irait "jusqu'au bout" pour promouvoir l'alternance à Paris et appelait à un "grand rassemblement de la droite et du centre". Un message souvent perçu comme un soutien à Dati, qui, pourtant, reste fermée à une collaboration.
Un candidat fragilisé
La nervosité au sein d'Horizons devient palpable. "Si elle ne laisse pas de place à Bournazel pour le second tour, notre chance à Paris s'envolera", prévient un responsable du parti, encore cité par Libération.
Les préoccupations vont au-delà de la seule capitale. Sur d'autres territoires, Horizons scrute des alliances potentielles entre ses candidats, des membres de la droite et des réseaux proches d'Éric Ciotti, ainsi qu'avec le Rassemblement national, ce qui risquerait de ternir l'image d'Édouard Philippe, lui qui avait pourtant promis de faire front contre l'extrême droite lors des législatives de 2024.
Par ailleurs, une récente enquête de l'institut Hexagone annonce un scénario alarmant pour Philippe au Havre, son bastion historique, où il est donné perdant pour la première fois. De surcroît, à Nice, Christian Estrosi (Horizons) semble en difficulté face à son concurrent Éric Ciotti, souvent décrit comme un "frère ennemi" au sein des cercles politiques.







