Le week-end du Sidaction 2026 débute ce vendredi 27 mars, mettant en lumière les défis financiers croissants auxquels sont confrontées les associations luttant contre le VIH dans la Manche. Selon une étude de Santé publique France, environ 3 400 nouvelles infections à VIH sont détectées chaque année, un chiffre qui reste constant depuis 2023.
Des coûts élevés pour la prévention
Dans cette région, seules deux associations, Caaps et VIH'gilance, sont particulièrement engagées dans la lutte contre le VIH. VIH'gilance prévoit d'organiser un karaoké-repas au centre de loisirs de Tourlaville le 28 mars, dont les bénéfices seront cette année affectés à l'association elle-même, afin de répondre à un besoin imminent de fonds pour mener à bien ses actions de prévention.
Valérie Crocq, présidente de VIH'gilance, explique : "Quand on parle de prévention, on parle d'outils de prévention. Préservatifs, brochures, flyers, création de jeux et tests de dépistage, tout cela a un coût." En effet, le coût d'un test s'élève à une dizaine d'euros, multiplié par trois pour une personne nécessitant des dépistages pour le VIH, hépatite B et C, totalisant ainsi en moyenne 1 500 € pour 50 tests complets.
Un manque de subventions crucial
Malheureusement, l'association ne peut espérer recevoir d'aide de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), car "les tests rapides d'orientation diagnostique sont considérés comme non éligibles". La seule subvention dont elle bénéficie provient de la mairie de Cherbourg-en-Cotentin, s'élevant à 300 € par an. Cette somme reste incertaine, surtout en période électorale.
Face à cette situation, les bénévoles de VIH'gilance ont pris la décision de reverser les fonds du karaoké à leur propre association, un choix difficile à faire. Une patiente engagée au sein de l'association a exprimé son désarroi : "C'est désolant de devoir en arriver là".
La sensibilisation à reprendre
Valérie Crocq tire également la sonnette d'alarme sur le manque de sensibilisation du public concernant les risques associés aux relations sexuelles non protégées. "Au début des années 1990, on en parlait incessamment, mais aujourd'hui, les gens semblent percevoir le VIH comme une pathologie chronique". Il regrette également la désinformation persistante : "On entend même parler de guérison et de vaccins, ce qui est erroné."
Avec un besoin urgent de bénévoles — l'association n'en compte que cinq actuellement — et une campagne de sensibilisation à redynamiser, VIH'gilance se lance dans un appel à la mobilisation de la communauté. La lutte contre le VIH doit demeurer une priorité, et chaque action compte en cette période critique.







