Près de Vernon, dans l’Eure, Élodie Courte soutient les médecins de la maison de santé de Saint-Marcel, pour le plus grand bonheur des patients et praticiens. Ce réseau d’infirmières, touché par des difficultés financières, a récemment été soulagé par une décision de justice.
Depuis le 27 mars 2026, l’association Asalée, qui employait Élodie et environ 2000 autres infirmières en France, a été placée en redressement judiciaire, permettant une période d’observation de six mois. "Je n’étais plus payée depuis 62 jours", confie Élodie. Grâce à ce redressement, le fonds de garantie des salariés prendra le relais, lui offrant un peu de répit face à des mois de précarité.
Recrutée au sein d’Asalée il y a quatre ans, Élodie se rappelle de son parcours. "J’ai travaillé en milieu hospitalier, tant public que privé, en somatique et en réanimation. Rejoindre Asalée a transformé mon expérience professionnelle. Ici, la prise en charge du patient est globale, et je collabore étroitement avec des médecins généralistes de la maison de santé."
« Elle peut prendre le temps qui nous manque pour accompagner les patients »
Ce modèle de soins est soutenu par le Dr Mélanie Maingant, médecin généraliste, qui déclare : "C’est très intéressant et complémentaire comme dispositif. Nous, médecins, sommes souvent contraints par le temps. Avec Élodie, ces limites sont repoussées, elle peut prendre le temps qui nous manque pour accompagner nos patients."
Élodie est la seule infirmière Asalée dans l’agglomération de Vernon et elle suit plusieurs centaines de patients de tous âges, qui expriment unanimement le besoin de pérenniser ce système, vital dans ce territoire marqué par un manque de soins médicaux.
Des financements coupés : une crise sans précédent
Cependant, l’association a connu des perturbations majeures lorsqu' l’Assurance maladie a suspendu ses financements fin 2025, malgré l’impact positif du dispositif. Selon un rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), publié en juillet 2025, des problèmes de gouvernance et de gestion avaient été identifiés.
« L'Assurance maladie a encouragé l’Asalée à corriger ces dysfonctionnements. Mais lorsque nous avons constaté que cela n’avait pas été fait, la suspension des financements était inévitable », a déclaré un porte-parole de la CNAM.
Finalement, le tribunal des affaires économiques a prononcé le redressement judiciaire. Les employés d’Asalée peuvent désormais escompter recevoir leurs salaires impayés, grâce à l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS), qui interviendra. Élodie et ses collègues attendent avec optimisme la fin de cette période d’observation, prévue pour l'été 2026, tout en espérant un avenir plus stable pour leurs patients et eux-mêmes.







