Déployant deux câbles de 500 kilomètres dans les profondeurs de la Manche et de la mer Celtique, cette nouvelle autoroute électrique vise à renforcer la souveraineté énergétique de l'Europe. Prévue pour entrer en service en 2028, la première phase des travaux débutera à Cléder le 6 avril 2026, offrant un lien crucial entre la France et l'Irlande, comme le rapportent nos confrères de franceinfo.
À Brest, le navire câblier, amarré, est prêt à commencer les opérations. Alexandre Bellemin, chef de projet chez Nexans, décrit cet imposant vaisseau : "On s'occupe de toute la connexion, jusqu'à ce qu'il transporte de l'électricité". Il précise que le navire est équipé de plusieurs tonnes d'équipements avancés tels que des grues et des robots télécommandés.
Un investissement colossal de 1,6 milliard d'euros
Les câbles jumeaux, enroulés sur le pont du navire, mesurent chacun 100 kilomètres. Bellemin souligne : "C'est une table tournante d'une capacité de 8000 tonnes, donc c'est assez énorme. Elle va tourner pour permettre un déploiement lent et contrôlé du câble dans les fonds marins".
Des bateaux supplémentaires seront impliqués pour creuser une tranchée sous-marine afin d'enterrer les câbles, les protégeant ainsi des dommages potentiels causés par les ancres ou les filets de pêche. Ce projet monumental, estimé à 1,6 milliard d'euros, est en partie financé par des subventions européennes, un tournant vers une transition énergétique durable.
De grandes ambitions pour l'avenir énergétique
Rémi Courtial, directeur du projet pour RTE, se réjouit des perspectives offertes par cette liaison. "C'est la première liaison entre la République d'Irlande et l'Europe continentale. Nous visons à faciliter la circulation électrique au niveau européen, permettant à chacun de bénéficier d'une électricité décarbonée." La France est déjà connectée à plusieurs autres pays, dont l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, ce qui inclut la possibilité d'exporter le surplus d'énergie.
Avec un secteur éolien offshore en plein essor, l'Irlande doit exporter son excédent énergétique vers le continent. "L'Irlande a de grandes ambitions dans les éoliennes en mer, et nous devons pouvoir acheminer ce surplus vers l'Europe continentale," souligne Courtial. Ce projet est essentiel pour l'Union européenne, qui cherche à diminuer sa dépendance aux combustibles fossiles, en réduisant l'arrivée de navires transportant gaz et pétrole.
Les câbles sous-marins couverts par ce projet auront la capacité de transporter l'énergie nécessaire pour alimenter 450 000 foyers, soit à peu près l'équivalent de la population du Finistère.







