"On ne compte plus, on n'a pas assez de peinture pour tous les signaler". C'est le cri du cœur des motards en colère de la Manche, qui se sont réunis récemment à Cherbourg-en-Cotentin. Une quinzaine de passionnés de deux-roues ont décidé d'agir en faisant le tour des routes de la région, armés de peinture pour signaler les nids-de-poule tant redoutés.
Des dessins d'animaux et de fleurs entourent ces trous béants, mais la réalité est alarmante : les nids-de-poule sont responsables de 30% des accidents mortels dans la région. Comme l'explique Alexandre, un motard engagé : "On peut voir le trou au dernier moment, cela entraîne une glissade, une chute, avec des conséquences pouvant être dramatiques."
Mickaël, un autre membre du groupe, abonde dans ce sens : "Régulièrement, nous adaptons notre conduite en fonction de l'état des routes. Lorsqu'une roue plonge dans un nid-de-poule, les effets sont immédiats et bien plus ressentis qu'en voiture." Cette opération vise à alerter les autorités sur l'urgence de la situation. "Des efforts constants sont nécessaires pour maintenir la sécurité sur ces routes, surtout à Cherbourg et Saint-Lô, où la situation se détériore chaque année", déclare-t-il, désabusé.
Marielle, secrétaire départementale des motards en colère, insiste sur la nécessité d'un entretien prioritaire des routes : "Les instances locales doivent prendre conscience de l'état catastrophique des routes. Les budgets sont certes en baisse, mais il est essentiel d'établir des priorités, et la sécurité routière en fait partie."
Cette initiative, bien que symbolique, met en lumière un problème de sécurité publique engagé. Avec moins de ressources, les motards appellent haut et fort à une prise de conscience collective pour éviter d'autres accidents évitables.







