Protéger la biodiversité tout en intégrant les activités humaines : tel est le pari du site Natura 2000 Vallée de la Sée, situé dans le sud-Manche. Ce dispositif, qui s'inscrit dans une initiative européenne, vise à préserver la faune et la flore dans des zones naturelles. Le président de la Région Normandie a récemment réuni divers acteurs locaux le 14 avril à Brécey pour discuter de l'avenir de ce site précieux.
Quatre espèces aquatiques à conserver
Au cœur des enjeux de la Vallée de la Sée se trouve la nécessité de protéger quatre espèces aquatiques d'intérêt écologique : le saumon atlantique, les lamproies marine et de Planer ainsi que le chabot commun. Fabien Goulmy, directeur technique de la Fédération Départementale de Pêche de la Manche, souligne l'importance de ces espèces et l'urgence de leur préservation.
"Les populations de ces espèces déclinent rapidement : en France, il y a eu un effondrement de 40 % des truites et le saumon atlantique est en péril. Dans la Sée, c'est une exception que nous parvenons à conserver, mais les menaces demeurent. La lamproie marine, par exemple, a presque totalement disparu en France. Les enjeux sont cruciaux, car ces espèces sont intrinsèquement liées à un écosystème complexe. Leur disparition menacerait l'équilibre de la biodiversité," déclare-t-il.
Avancer avec les élus, les habitants et les agriculteurs
Le site Natura 2000 Vallée de la Sée englobe aujourd'hui 2 964 hectares, touchant 39 communes, soit un quasi-doublement de sa superficie. Une part significative de cette zone est constituée de terres agricoles, représentant environ 70 % des surfaces. La collaboration entre élus, agriculteurs et propriétaires de parcelles sera essentielle pour garantir l'avenir de la biodiversité. François Serrant, ancien président de l'association Odyssée, aborde les défis à venir.
"Les terres en bord de rivière qui ne sont plus cultivées risquent de se dégrader. Nous devons réfléchir à des incitations pour que les agriculteurs maintiennent ces zones pour assurer la qualité de l'eau. Il est impératif de conserver des prairies le long des rivières, car nous avons des bassins versants sensibles. Des techniques d'entretien des forêts, comme la gestion des taillis et la lutte contre les maladies des châtaigniers, doivent être mises en œuvre pour protéger cette biodiversité," insiste-t-il.
En 2025, la région a alloué plus de 2,41 millions d'euros pour l'animation des sites Natura 2000, renforçant ainsi son engagement envers la conservation des espaces naturels fragiles.







