Dans le cadre d'une opération de sensibilisation sur la santé cardiaque organisée par le CHU de Rouen, Carole de Andres, présidente de la communauté de communes Pont-Audemer/Val de Risle, met en lumière un enjeu social marquant : la peur des femmes à s'engager en politique. En effet, en France, seulement 12 % des postes de présidence d'intercommunalités sont occupés par des femmes. Dans le département de la Seine-Maritime, sur les 18 intercommunalités, seules deux sont dirigées par des femmes, tandis que l'Eure compte également deux présidentes, dont Carole de Andres et Nathalie Noël à Verneuil.
Carole de Andres souligne la difficulté d'accès des femmes à des postes décisionnels, notamment dans les territoires ruraux où, sur 32 communes, seules 5 sont dirigées par des femmes. "Dans la ruralité, la représentation féminine au sein des mairies et des intercommunalités est encore très limitée. Cela crée une dynamique où la voix des femmes est souvent absente des discussions politiques," déclare-t-elle.
Elle met également en avant les freins psychologiques qui freinent l'engagement politique féminin. "Les femmes ont parfois une réelle appréhension quant à leur capacité à réussir dans ces rôles. Contrairement aux hommes, qui sont souvent moins enclins à se poser des questions sur leur légitimité, les femmes apportent une réflexion poussée avant de se lancer," précise-t-elle. Selon elle, cette autocritique peut dissuader de nombreuses candidates potentielles.
Une étude menée par l'Observatoire de la parité a révélé que les stéréotypes de genre persistent dans le domaine politique, influençant les aspirations et les ambitions des femmes. Des leaders d'opinion, comme la sociologue Julie Pagis, corroborent ces observations en confirmant que les structures traditionnelles et les attentes sociétales continuent d'influencer la participation féminine dans la sphère publique.
L'engagement politique et le chemin vers une plus grande représentation des femmes nécessitent non seulement des changements structurels mais également un soutien accru de la société civile. Selon Carole de Andres : "Il est crucial que nous encouragions les femmes à prendre la parole et à revendiquer leur place dans le débat public, car leur point de vue est essentiel pour une démocratie équilibrée."







