Le nouveau chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, a pris une mesure surprenante en annulant toutes les condamnations à mort, commuant celles-ci en peines de réclusion à perpétuité, à l'occasion du Nouvel An birman. Plus de 4300 détenus, dont près de 180 ressortissants étrangers, pourront ainsi retrouver leur liberté.
Cette annonce a été faite vendredi, marquant l'une des premières initiatives officielles du dirigeant depuis sa récente entrée en fonction en tant que président civil, après avoir réalisé un coup d'État en 2021. Le Nouvel An birman, ou Thingyan, est traditionnellement une période de purification et d'amnisties, et cette année, la libération massive de prisonniers était particulièrement attendue, surtout dans un contexte de transition politique.
Min Aung Hlaing, âgé de 69 ans, a exprimé son intention de transformer toutes les peines de mort en réclusions à vie. Cette mesure doit être mise en perspective avec le retour des exécutions par la junte depuis 2022, ce qui a soulevé de vives inquiétudes chez les défenseurs des droits humains. L'ONU a rapporté que plus de 130 personnes ont été condamnées à mort l'année suivante, dans un contexte où le système judiciaire birman est souvent perçu comme opaque.
En plus des grâces accordées aux condamnés à mort, les peines de prison inférieures à 40 ans seront également réduites d'un sixième. Ce changement a suscité de l'espoir parmi les proches de détenus, bien que les incertitudes demeurent. « Mon frère a été emprisonné pour des raisons politiques », a partagé Aung Htet Naing, un homme de 38 ans, rencontrés à l'extérieur de la prison d'Insein à Rangoun, tout en appelant à ne pas se faire trop d'illusions.
L'Association d'aide aux prisonniers politiques évoque que plus de 30 000 personnes ont été incarcérées pour des raisons politiques depuis le coup d'État, laissant ainsi de nombreuses familles dans l’attente.
La figure emblématique de la lutte pour les droits humains en Birmanie, Aung San Suu Kyi, purge une peine de 27 ans, dans des conditions maintenues dans le secret. Les experts qualifient ces gestes d’amnistie de tentatives de la junte de redorer son image à l’international après des années de critiques sur ses pratiques répressives. Alors que Min Aung Hlaing a pris ses fonctions avec un processus électoral controversé, les observateurs restent sceptiques quant à l'authenticité de ces mesures, soulignant que le pouvoir demeure dans les mains des anciens militaires.







