Un tribunal de Nairobi a récemment condamné un ressortissant chinois pour avoir essayé de quitter le Kenya avec plus de 2 200 fourmis vivantes dans ses bagages. Selon un rapport de Reuters, la condamnation inclut une amende d’un million de shillings, soit environ 7 700 dollars, et une peine d’un an de prison.
Arrêté en mars 2026 à l’aéroport international de Nairobi, Zhang Kequn a d’abord nié les faits, mais a finalement reconnu sa culpabilité. Son avocat a cependant annoncé qu'il prévoyait de faire appel.
Une tendance aux "formicariums" en Chine
La juge Irene Gichobi a justifié cette sentence exemplaire en raison de la recrudescence des cas de trafic d'insectes au Kenya. "Face à la hausse des tentatives de trafic et aux conséquences écologiques de la collecte massive, un message fort est nécessaire", a-t-elle déclaré.
Ce cas s’inscrit dans un phénomène global, où des collectionneurs en Asie, notamment en Chine, investissent dans des "formicariums", des structures transparentes permettant de conserver et d'observer les colonies de fourmis. Ce marché de niche suscite un intérêt croissant.
Une enquête menée par les autorités kenyanes a également abouti à l'inculpation d'un complice local, qui a plaidé non coupable et a été relâché sous caution.
"Il est temps d’enrayer cette tendance"
Cette affaire s’ajoute à une série de condamnations similaires. En 2025, quatre individus, dont des ressortissants belges et vietnamiens, avaient été condamnés pour avoir tenté d'exporter des milliers de reines fourmis. La juge Njeri Thuku avait souligné que "posséder 5 000 fourmis dépasse le cadre d'un simple hobby".
Les officiers de la faune du Kenya voient ces infractions comme un glissement vers le braconnage d’espèces moins visibles, en insistant sur les graves conséquences de la cupidité humaine sur la biodiversité. "Le monde a déjà perdu de nombreuses espèces à cause de l’avarice. Il est crucial de mettre fin à cette tendance", a déploré une juge.
Le Kenya, signataire de plusieurs accords internationaux sur la biodiversité, applique une politique de tolérance zéro envers ces crimes. Le Kenya Wildlife Service rappelle que même les plus petites espèces occupent une place fondamentale dans les écosystèmes. "Les trafiquants sous-estiment souvent leur valeur écologique, mais leur rôle est irremplaçable", conclut leur rapport.







