Ce samedi 18 avril, la fédération des chasseurs de la Manche s'est réunie à Condé-sur-Vire pour son assemblée générale. Les échanges ont relayé deux préoccupations centrales : une population de sangliers en forte augmentation et une diminution alarmante du nombre de lièvres sur le territoire.
Selon Ismaël Lécrivain, responsable du pôle petit gibier et biodiversité, “les prélèvements de lièvres dans la Manche ont enregistré une baisse de 23% en huit ans, passant de 5480 à 4204 animaux”. La zone de La Hague et du Plain est particulièrement touchée, enregistrant une chute significative de ces populations.
Les causes sont multiples, selon les experts : “Les méthodes agricoles actuelles, où les animaux sont souvent victimes de faucheuses, combinées à la prédation croissante des renards, exacerbent la situation,” précise Lécrivain. Pour faire face à ce constat, la fédération a voté une réduction de la durée de chasse au lièvre à trois jours par an, supprimant un dimanche et un jeudi. Cette mesure a été adoptée avec 1894 voix contre 1043, reflétant une prise de conscience collective parmi les chasseurs. “Cela pourrait éliminer théoriquement un tiers des prélèvements actuels,” rajoute Lécrivain.
Le sanglier, autre souci pour la fédération des chasseurs
En parallèle, la hausse de la population de sangliers engendre des dégâts considérables pour l'agriculture locale. Selon Lécrivain, “ce sont les chasseurs qui indemnisent les agriculteurs pour les dommages, un coût qui atteindra 311 000 euros en 2025, sans compter les frais de personnel”. Cette situation est d'autant plus préoccupante que l'espèce connaît une hausse significative depuis 2022.
Malgré ces défis financiers, Thierry Chasles, vice-président de la fédération, assure que “la situation financière de l'organisation reste stable,” bien qu'il soit nécessaire de procéder à une gestion prudente des ressources. La fédération a vu ses adhérents diminuer, avec une perte d'environ 200 membres par an, ce qui impacte également les cotisations, mais compte environ 13 500 membres à ce jour.
Ce tournant dans la gestion de la faune locale pourrait bien être un modèle pour d'autres régions françaises, alors que la biodiversité continue de faire face à de multiples menaces.







