Le 13 juillet 1793, un homme se prélasse dans son bain à Paris. Quelques instants plus tard, il est mort, frappé en plein cœur. Cet homme n'est autre que Jean-Paul Marat, une figure emblématique de la Révolution française. Son assassin est une jeune inconnue : Charlotte Corday, 24 ans, originaire de Normandie. Plutôt que de s'enfuir, elle reste impassible, comme si sa destinée était déjà scellée. Cette scène soulève immédiatement une question : comment une jeune femme peut-elle commettre un acte aussi terrible avec autant de sérénité ?
Une enfance entre littérature et noblesse
Charlotte Corday grandit à l'écart du tumulte parisien, à Caen. Issue d'une famille noble normande, elle est liée au prestigieux nom de Pierre Corneille, grand écrivain français. Son éducation, dispensée en partie dans des couvents, lui inculque amour des lettres et curiosité intellectuelle. Cependant, derrière cette apparente tranquillité, une pensée dangereuse commence à germer : et si elle pouvait changer le cours de l’histoire ?
L'homme à abattre
Avec l'éclatement de la Révolution, la France se divise. Les modérés, par exemple les Girondins, se réfugient en Normandie. Charlotte écoute attentivement leurs discours, tout en prenant conscience de la montée en puissance d’hommes comme Robespierre et Marat, qui prônent la violence. Au fil du temps, elle conclut que Marat est le principal responsable du chaos régnant. Dans son esprit, l’idée d’un acte décisif prend forme, défiant la morale et la légalité.
Un couteau acheté le jour même
Un matin, elle quitte discrètement la Normandie pour Paris, emportant avec elle un plan sans faille et une détermination glaciale. Elle ment à sa famille, évoquant un voyage en Angleterre, et se procure un simple couteau de cuisine à son arrivée. Parvenant à infiltrer l'appartement de Marat, elle le trouve dans sa baignoire, occupé à écrire. Le moment décisif est enfin arrivé.
Poignardé en plein cœur
En un clin d'œil, Charlotte Corday poignarde Jean-Paul Marat avec précision, ne laissant aucune place à la panique. Elle se contente d'attendre son arrestation, qui survient rapidement. Devant le tribunal, elle fait preuve d'un calme impressionnant, défiant les attentes. Le 17 juillet 1793, elle est guillotinée. L'artiste Jacques-Louis David immortalisera cette scène tragique, illustrant l'assassinat comme un symbole de l’ère révolutionnaire. Charlotte devient alors un personnage controversé : héroïne pour certains, criminelle pour d'autres. Son acte soulève encore aujourd'hui des questions sur la légitimité d’un meurtre pour obtenir la paix et la justice.
Histoire(s) & Patrimoine de Normandie, une émission animée par Pierre Bonard, guide-conférencier, au micro de Jason Grönert.







