Le lundi 27 avril 2026, une vague de blocages s’organise dans les prisons à travers la France, et notamment à Caen-Ifs. Le syndicat UFAP-UNSA, qui représente les surveillants, dénonce la surpopulation carcérale alarmante ainsi que le manque de personnel qui met en danger tant les agents que les détenus. Emilien Kerleau, membre du bureau régional de l'UFAP, s'est exprimé sur la situation difficile de ce centre pénitentiaire lors d'un entretien accordé à ICI Normandie.
« Nous étions une quarantaine dès 6h30. L'objectif est de faire lever le service de nuit pour qu'ils puissent nous rejoindre dans ce blocage », indique Kerleau, mettant en lumière les conditions précaires au sein de l'établissement. Les surveillants ont décidé de restreindre l'accès aux services non essentiels, ne permettant l'entrée que d'une infirmière et d'un médecin pour des urgences.
La prison de Caen-Ifs, ouverte en décembre 2023, est actuellement surchargée avec environ 800 détenus pour seulement 511 places disponibles. Cette surpopulation contribue à aggraver les tensions déjà présentes dans l'établissement. « Nous avons enregistré une montée des agressions, tant verbales que physiques, depuis le début de l'année », souligne Kerleau. Ce climat de violence, piloté par la ligue des surveillants, incite à une remise en question des priorités du gouvernement en matière de gestion carcérale.
Le climat d'insécurité au sein des prisons a fait l’objet de nombreux débats, tant politiques que sociologiques. Selon des experts en criminologie, la surpopulation carcérale est un facteur essentiel à prendre en compte pour comprendre la montée de la violence en milieu pénitentiaire. La situation à Caen n'est donc qu'un des nombreux exemples d'une crise qui touche l'ensemble du système judiciaire et pénitentiaire français.
Face à cette réalité, la colère des surveillants s'intensifie, et leurs revendications pourraient entraîner d'autres mobilisations dans les mois à venir. Plus que jamais, cette crise appelle à une réflexion urgente sur la gestion des prisons et le bien-être de ceux qui y travaillent.







