Depuis 2025, la Manche s'est dotée d'un outil numérique innovant, Vialytics, pour l'entretien de son vaste réseau routier de 8.000 kilomètres, le plus étendu en France. Cela n'est qu'une facette du dynamisme régional, qui s'illustre aujourd'hui avec l'électrification de l'économie et le lancement de deux projets d'hydrolien au large de La Hague. Jeudi dernier, le gouvernement a présenté 22 mesures en faveur de l'électrification de l'économie française, visant à réduire notre dépendance aux énergies fossiles, en s'appuyant sur l'électricité d'origine nucléaire et renouvelable. Parmi les secteurs d'avenir, l'hydrolien se distingue, conforté par une histoire mouvementée dans le Cotentin.
Rétrospective sur une filière en évolution: Bien que le secteur de l'hydrolien ait connu des revers — comme la fermeture d'OpenHydro sur le port de Cherbourg en 2018, à peine un mois après son inauguration — les promoteurs de cette technologie assurent aujourd'hui que la filière a atteint sa maturité. Une preuve de cette avancée est inscrite dans la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), qui prévoit un premier appel d'offres de 250 MW pour l'hydrolien d'ici 2030, dans le Raz Blanchard.
La "mine d'or" du Raz Blanchard
Ce nouvel appel d'offres a été chaleureusement accueilli par les porteurs de deux projets de fermes pilotes : l'un, FloWatt, développé par Qair, Hydroquest et les Constructions Mécaniques de Normandie (CMN), et l'autre par Normandie Hydroliennes, un consortium qui inclut Proteus Marine Renewables et le groupe industriel Efinor. Le Raz Blanchard, avec ses courants parmi les plus puissants d'Europe, représente un potentiel de production d'énergie équivalent à deux réacteurs EPR, capable d'alimenter jusqu'à huit millions de personnes.
Pour FloWatt, le projet prévoit l'installation de six hydroliennes à axe vertical, avec une production d'énergie correspondant à la consommation de 20.000 foyers. La décision d'investissement finale est attendue d'ici fin 2023, avec une mise en service envisagée pour 2028.
Quant à Normandie Hydroliennes, le projet anticipe quatre turbines avec une capacité totale de 12 MW, suffisant pour l'approvisionnement de 15.000 foyers. S'inspirant des retours d'expérience des projets écossais et japonais, sa mise en service est prévue pour 2029.
Collaborations essentielles pour avancer
Les deux projets ont décidé de collaborer sur un raccordement commun, avec des visions partagées. Katia Gautier, directrice développement de Normandie Hydroliennes, souligne : « Nous avons un objectif commun : structurer et développer cette filière. »
Cependant, des défis demeurent, notamment la nécessité d'un tarif d'achat de l'électricité pour garantir la viabilité financière de ces projets. Anna Pic, députée de la Manche, alerte sur le risque de voir cette technologie s'exporter à l'étranger si les aides ne sont pas mises en place rapidement. Le syndicat des énergies renouvelables anticipe jusqu'à 6.000 emplois dans le secteur par tranche d'un GW produit.







