Atteint de la maladie de Strümpell-Lorrain, qui touche ses membres inférieurs, Jérôme Quinchon se lance dans une nouvelle aventure. Après avoir accompli des marches jusqu’au Mont-Saint-Michel et à la tour Eiffel, il s’apprête à réaliser un marathon autour de son village, Bucéels, situé entre Caen et Bayeux dans le Calvados.
Programmée pour le 1er mai, cette épreuve sportive sera sans étapes quotidiennes. À seulement 39 ans, Jérôme, qui souffre de cette pathologie, fait preuve d'un incroyable courage : « J’éprouve des difficultés d’équilibre, de marche, ainsi que des douleurs et des spasmes. C’est vrai que je suis un 'fatigué de naissance' », admet-il avec le sourire, bien que la maladie soit sans traitement.
On peut l’accompagner
Conseiller clientèle dans une grande enseigne de quincaillerie en Normandie, il n’en est pas à son coup d’essai. En 2023, il avait déjà parcouru 125 km pour atteindre le Mont-Saint-Michel afin de soutenir l’ASL (Association Strümpell-Lorrain)-HSP France. « Je marchais entre 16 et 20 km par jour, souvent accompagné par des amis et des voisins », se remémore-t-il. L'année suivante, un défi similaire l'a amené à la tour Eiffel avec un total de 250 km en 13 étapes, récoltant au passage 6 000 euros puis 5 000 euros pour l'association. Ce marathon du 1er mai constitue donc une nouvelle occasion de sensibiliser le public et de collecter des fonds pour la maladie.
Le départ se fera depuis le stade de Bucéels à 9h30, où un espace d’animation sera aménagé pour l’événement, proposant des ateliers variés (escrime, médiation animale, herbologie), des jeux et même un concert. Jérôme invite chacun à l’accompagner pour un euro par kilomètre, afin de soutenir cette noble cause.
Avec neuf membres de sa famille également touchés par cette maladie imprévisible, Jérôme trouve du sens dans ces défis qui inspirent les autres. « Lors de ma dernière aventure, une adolescente souffrant de la même maladie m’a contacté via les réseaux sociaux. Elle souhaitait échanger et cela lui a donné envie de marcher davantage », se réjouit-il.
En plus de son travail, il consacre trois à quatre sorties hebdomadaires à la marche et pratique le handball-fauteuil à Canteleu, près de Rouen, où son équipe a atteint les demi-finales de la Coupe de France cette saison. « Je ne sais pas comment ma maladie évoluera, mais je suis convaincu que le sport diminue ses effets. Si tout se passe bien le 1er mai, il n’y a aucune raison que je ne me fixe pas d’autres défis », indique-t-il avec un sourire, évoquant déjà un marathon de marche à réaliser en 12 heures, une randonnée de 50 km ou l’ascension d'un col mythique du Tour de France. À Bucéels, Jérôme Quinchon continue de tracer son propre chemin.







