Les banquets du Canon français, qui rassemblent des milliers de participants autour de plats traditionnels tels que le cochon de lait et le vin rouge, sont désormais au cœur d'une polémique. Accusés de véhiculer des idées racistes, ces événements, présentés comme une valorisation du patrimoine, suscitent la controverse.
Mercredi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a condamné les « insultes abjectes » reçues par la maire socialiste de Quimper suite à sa décision de ne pas accueillir un banquet du Canon français. Cette décision a été prise après des signalements de comportements racistes à Caen, entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet de la ville, comme rapporté par Ouest-France.
Les signalements d’incidents, incluant des saluts nazis effectués pendant l'un des banquets, ont suscité une inquiétude croissante parmi les élus. Au Sénat, le ministre a souligné que, bien que les préfets ne puissent interdire ces manifestations, il y a une vigilance accrue en matière d'éventuels troubles à l’ordre public. « Nous faisons preuve de prudence, surtout face à des contre-manifestations qui pourraient survenir », a-t-il précisé.
Laurent Nuñez a également déclaré qu’il examinerait attentivement les nombreux signalements reçus concernant des propos clairement racistes. Pierre-Alexandre de Boisse, co-fondateur du Canon français, a réfuté les accusations de racisme, insistant sur le fait qu’« aucun incident » n’avait été signalé lors de leurs banquets.
La maire de Quimper, Isabelle Assih, a déclaré que sa décision de suspendre le banquet programmé en décembre au parc des expositions de Quimper a entraîné une vague de menaces et d'insultes à son encontre sur les réseaux sociaux. Elle a prévu de porter plainte, notant : « Je compatis, on comprend tout à fait ce qu'elle peut subir », a ajouté Pierre-Alexandre de Boisse.
Le préfet du Finistère, Louis Le Franc, a soutenu Isabelle Assih, affirmant qu’« aucune divergence d’appréciation ne saurait justifier de telles injures». D’autres responsables, dont Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne, et Olivier Faure, premier secrétaire du PS, ont également dénoncé « une campagne de haine » dont elle est victime.







