Un musée pour retracer l'histoire des captivités de guerre près de Sainte-Mère-Église

Un projet ambitieux dévoile la mémoire des soldats capturés durant la guerre.
Un musée pour retracer l'histoire des captivités de guerre près de Sainte-Mère-Église
Le musée souhaite devenir la référence sur le thème des captivités de guerre © Aucun(e) - TRACKS architectes-Romain Ghomari

Entre juin 1944 et février 1946, la petite commune de Foucarville a abrité l'un des plus vastes camps militaires de prisonniers allemands, connu sous le nom de Continental Central Prisoners of War Enclosure (CCPWE) 19. Avec plus de 100 000 prisonniers de la Wehrmacht, ce camp était sous la supervision du colonel Warren J. Kennedy, un militaire américain. Deux entrées permettaient d'accueillir les détenus et le personnel encadrant, l'une à Foucarville et l'autre à Ravenoville.

La redécouverte de cette histoire est survenue avec la publication, en 2017, d'un livre fondamental : Prisonniers allemands en Normandie, un camp américain à Foucarville, écrit par Anne Broilliard et Benoît Lenoël. Ce moment charnière a donné naissance à un projet porté par l'Association Warren J. Kennedy : la création d'un musée dédié à la captivité de guerre en Europe. Ce musée se veut une véritable vitrine de la mémoire historique liée aux captivités militaires.

Stèle de Foucarville
Une stèle est déjà aménagée pour rappeler l'histoire du camp de Foucarville © Radio France - Pierre Coquelin

Maya Duburch, déléguée générale de l'association, se réjouit des avancées du projet : "Nous avons bien respecté notre calendrier. Actuellement, nous avons obtenu le permis de construire et sommes en phase de finalisation architecturale et scénographique. Dès juillet, nous inviterons les entreprises à soumissionner pour débuter les travaux à l'automne 2026."

70% du financement déjà acquis

Le projet s'élève à un investissement de 11,8 millions d'euros, composé de 60 % de financements publics, en grande partie grâce à l'apport de fonds européens ainsi que régionaux et départementaux, comme l'indique Maya Duburch. "Nous avons également reçu des promesses de dons d'un million d'euros de mécènes américains," explique-t-elle, tout en ajoutant que des partenaires allemands et français s'engagent également dans cette initiative. "À ce stade, plus de 70% des financements sont déjà assurés."

Le musée des captivités de guerre (Mucap) sera aménagé sur une surface totale de 1 700 m², dont 1 200 m² seront accessibles aux visiteurs. Le projet inclut :

  • 800 m² dédiés au parcours d'exposition,
  • 200 m² d'accueil et de boutique,
  • un espace pour des expositions temporaires,
  • un espace de médiation pour les scolaires et les chercheurs.

Le musée, situé à l'entrée de Ravenoville, comprendra également un jardin mémorial avec un belvédère permettant de contempler le site historique du camp. Des installations adaptées seront mises en place pour les personnes à mobilité réduite.

Illustration du musée projeté
Les promoteurs du projet espèrent ouvrir le musée en juin 2028 © Aucun(e) - TRACKS architectes-Romain Ghomari

Visée sur au moins 85 000 visiteurs par an

Dans le cadre du projet, un travail minutieux de sélection des archives est en cours, destiné à offrir une vision globale des captivités militaires, en interrogeant le camp de Foucarville avec trois autres camps de prisonniers allemands en France, au Royaume-Uni et en Pologne. "L'exposition permanente centrée sur le sort des vaincus sera complétée par des expositions temporaires consacrées à d'autres formes de captivité, qu'elles soient historiques ou contemporaines," précise Maya Duburch.

Le conseil scientifique est dirigé par Fabien Théofilakis, historien et maître de conférences, qui s'illustre dans le domaine. "Nous visons à devenir le musée référence sur le thème des captivités de guerre," ajoute-t-elle.

Les responsables du Mucap estiment qu'au moins 85 000 visiteurs par an devraient être attendus, notamment un renouvellement du public allemand. "Le sujet demeure perpétuellement sensible en Allemagne, avec une nouvelle génération désireuse d'interroger cette période de l'histoire," explique Maya Duburch. Le musée sera soutenu par l'Airborne Museum de Sainte-Mère-Église, permettant ainsi la mise en œuvre d'opérations de communication ciblées en France et en Allemagne.

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