Le 29 avril dernier, Karine Jambu a reçu une lettre de la juge d’application des peines du tribunal de Caen, l'informant de la prochaine libération de son agresseur, Roland Blaudy. Condamné à trente ans de réclusion pour des viols répétés sur elle alors qu'elle n'avait que cinq ans, ce dernier sortira de prison le 12 mai. Cette situation soulève des inquiétudes, notamment parce qu'il sera logé dans la même ville que Karine, à Rennes.
Alors que la justice a jugé que sa libération était inévitable, beaucoup se voient confrontés à un sentiment d'incompréhension. Karine, qui a appris cette nouvelle avec désespoir, confie : "Ça me dégoûte. Je ne comprends pas comment c’est possible. Il a détruit une partie de ma vie, et on le laisse libre. Que vais-je faire ? Éviter de sortir ?" Son angoisse est partagée par d’autres victimes de Blaudy, dont le nombre dépasse la quinzaine.
Le procureur de la République de Caen, Joël Garrigue, a dû répondre aux interrogations suscitées par cette annonce. Il a admis que Blaudy avait bénéficié de réductions de peine correspondant à neuf années, rendant sa libération légale. Mais la question demeure : pourquoi renvoyer un récidiviste à Rennes, là où se trouve sa victime? Le procureur indique que c’était la seule option viabilité, prévenant qu’une assignation à résidence ailleurs pourrait le conduire à errer sans contrôle.
Des mesures pour encadrer la libération
Pour accompagner sa sortie, plusieurs mesures de suivi ont été mises en place. Blaudy sera soumis à un suivi sociojudiciaire pendant quinze ans et équipé d'un bracelet électronique. Ses obligations incluent l’interdiction de tout contact avec ses victimes et l'accès à des lieux fréquentés par des mineurs. Toutefois, cette approche rassure peu Karine et les autres concernés. "Nous avons été trahis par la justice qui n'a pas protégé suffisamment les victimes," témoigne une proche de Karine.
Le débat public fait rage
Cette affaire fait écho à un contexte plus large concernant le traitement juridique des pédocriminels. Des voix, notamment de l’Association des Victimes de Violences Sexuelles, s'élèvent pour exiger une réévaluation des lois sur les peines et leurs confusions. Une pétition a d'ailleurs circulé, visant à modifier ces lois pour mieux protéger les victimes. Le débat va même jusqu'à invoquer la nécessité de mesures plus strictes pour assurer la sécurité des anciens victimes.
L’histoire de Karine Jambu, et celle de sa tante, a inspiré le film Signalements, qui met en lumière les dysfonctionnements de la justice face à ces crimes. Le soutien du public et des institutions sera déterminant pour la suite de cette affaire, alors que des députés examinent des projets de lois pour prévenir de telles situations à l'avenir.







