Le tribunal administratif de Rouen (Seine-Maritime) a tranché en faveur de la décision pris par le président du département de l'Eure, Alexandre Rassaërt, d'augmenter la vitesse maximale autorisée sur certaines routes départementales de 80 à 90 km/h. Les 324 arrêtés signés par ce dernier ont été confirmés, malgré les oppositions soulevées par plusieurs associations.
En effet, le 9 février 2026, Rassaërt avait agi avec le soutien de la Commission départementale de la sécurité routière. Deux mois plus tard, un référé a été introduit par des groupes tels que La Petite Cyclote et la Ligue contre la violence routière, qui ont évoqué des préoccupations liées à la sécurité des cyclistes et à l'intérêt public.
Le 11 mai, le tribunal a statué qu'il n'existait pas de preuve suffisante concernant les dangers posés par le relèvement de la vitesse. Selon l'ordonnance, les documents fournis par les plaignants ne démontraient pas de manière claire l'impact de cette décision sur les zones contestées, rendant leur demande irrecevable. Ce jugement a permis aux automobilistes de poursuivre leur chemin à 90 km/h sur ces tronçons.
Des points dangereux peu expliqués
Le tribunal a noté que les arguments avancés par les requérants ne permettaient pas de caractériser les risques liés à la sécurité routière. « Les pièces produites […] ne permettent pas de mesurer les incidences sur la sécurité routière », a détaillé l'ordonnance. De plus, aucune urgence n'a été prouvée dans leurs revendications, faisant tomber leur requête.
À la sortie de l’audience, Philippe Vayssette, un représentant de la Ligue, a réagi en exprimant son inquiétude. Selon lui, le plaidoyer pour une vitesse moins élevée repose sur une évidence difficile à prouver : « Ce n’est pas évident pour eux que rouler plus vite, c’est plus dangereux ». Bien qu'il ait défié la décision, il a souligné le besoin urgent d'un débat autour de la sécurité routière, qui se trouve ainsi relancé, d'autant plus dans un département confronté à des enjeux cyclables de plus en plus croissants, comme le rapporte Ouest-France.
Par ailleurs, des experts en sécurité routière soulignent qu'une approche équilibrée est nécessaire, prenant en compte la coexistence des différents usagers de la route. L'enjeu demeure de concilier fluidité de la circulation et sécurité, alors que la ville semble s'orienter vers une augmentation de vitesse qui pourrait susciter davantage de débats à l'avenir.







