Alors que le 1er janvier 2027 approche, les enseignants du privé, au nombre de 140 000 en France, s'alarment de la possible disparition de leur régime de prévoyance santé. En Bretagne, ils sont près de 14 000 à bénéficier de ce système, qui leur permet d'avoir un revenu complémentaire en cas de contrat à temps partiel ou d'arrêt maladie long. Cette situation est particulièrement préoccupante pour un collectif de six enseignantes en situation de handicap dans le nord du Finistère, qui demandent la pérennité de leur couverture actuelle.
Un collectif d'enseignantes préoccupées
"Nous souhaitons que notre système de prévoyance tel qu'il est actuellement perdure et continue de nous protéger", déclare Cécile Guyomard, membre de ce collectif, qui se bat pour le maintien de ces garanties. Fragilisée par un cancer, elle enseigne à temps partiel à l'école Notre Dame de la Charité à Saint-Pol-de-Léon. Elle craint que ses revenus ne chutent de 50 % avec la suppression de ce contrat. "Les revenus d'un ménage influencent tout, des emprunts aux études des enfants. Si je reçois la moitié de mon salaire, cela va être très compliqué financièrement."
Une autre enseignante, Catherine Appéré, témoigne de l'importance de ce système de prévoyance. Après un arrêt maladie prolongé, elle a bénéficié d'une compensation salariale. "Sans ce complément, j'aurais eu des difficultés à gérer mes responsabilités familiales et mes emprunts."
Un contrat de prévoyance en danger
Depuis 2005, ce contrat de prévoyance est financé par la Fédération nationale des organismes de gestion de l'enseignement catholique (Fnogec). Son président, Pierre-Vincent Guéret, affirme que cela représente 60 millions d'euros par an, financés en grande partie par les parents d'élèves. Cependant, il soutient que le rôle de la Fnogec doit évoluer, car les enseignants de l'Enseignement catholique sont désormais considérés comme agents publics sous la dépendance de l'État. "L’Etat commence à offrir une prévoyance pour ses fonctionnaires. Il est temps que cela devienne sa responsabilité, et non celle de la Fnogec", explique-t-il.
Ce changement de régime suscite des craintes, notamment chez Cécile Guyomard. Elle accuse Pierre-Vincent Guéret de "rejeter la responsabilité sur d'autres. C'est la Fnogec qui veut supprimer cette prévoyance !"
Des alternatives proposées, moins avantageuses
Pour les enseignants, la transition verrait l'accès à une prévoyance santé proposée par l'Etat, avec des tarifs plus élevés et des garanties amoindries, notamment avec la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN). Christian Guillerm, représentant du syndicat national de l'enseignement chrétien (Snec-CFTC), condamne cette évolution. "Nous allons organiser une manifestation le 27 mai devant la Direction Diocésaine du Finistère pour exprimer nos préoccupations."
Le soutien est également fort parmi leurs supérieurs hiérarchiques. Christophe Geffard, représentant des directeurs diocésains, rappelle que ce système existe depuis 1978, et qu'il fait partie des avantages sociaux importants pour ces enseignants. "C'est un atout que nous devons préserver."







