La petite commune de Fervaques, qui compte 800 habitants dans le Pays d'Auge, se trouve à un tournant décisif. À seulement dix minutes en voiture de Livarot et quinze de Lisieux, le village abrite plusieurs commerces, mais celui de la boucherie se retrouve en péril. Florian Caudron, l'adjoint au maire chargé des commerces, exprime l’urgence de la situation : “Nous tentons d'aider à trouver un successeur en lançant des appels sur les réseaux sociaux.” La boucherie, gérée depuis treize ans par le couple Aumont, est ouverte cinq jours et demi par semaine. Edgar Aumont, 64 ans, confie : “J’ai débuté à 15 ans ; il est temps de penser à la retraite.” Malheureusement, cela fait quatre ans qu'aucun repreneur ne s'est manifesté.
Edgar Aumont a déjà reçu plusieurs visites de candidats potentiels, mais aucun n'a abouti. “Le premier intéressé avait peur de s'ennuyer ici, d'autres cherchaient à rester près de leur famille, et pour certains, le soutien bancaire manquait,” explique-t-il. Un dernier candidat a même souhaité un crédit vendeur intégral, que le boucher a refusé. Dans une annonce claire, il rappelle : “Si je ne trouve pas de repreneur, la fermeture est prévue pour le 30 septembre.”
La boucherie génère un chiffre d'affaires annuel de 350 000 euros. “C’est une affaire saine, avec une clientèle fidèle,” souligne Florian Caudron. Le succès des commerces locaux dépend souvent les uns des autres. “Les clients qui viennent pour du pain achètent aussi de la viande, et vice versa,” ajoute-t-il.
"Les habitants ont été solidaires avec moi" – Quentin, boulanger depuis six mois à Fervaques
Les habitants de Fervaques craignent d'être contraints de faire leurs courses à Livarot ou Lisieux si le couple Aumont ne trouve pas d'acheteur. Quentin Pertuis, 27 ans, a récemment repris la boulangerie du village. “Le jour de mon ouverture, je suis tombé en panne avec mon équipement. Les habitants ont lancé une cagnotte pour m'aider. Ils ont fait preuve d'une incroyable solidarité!” dit-il, ravi de sa nouvelle vie dans cet endroit dynamique. Convaincu qu'un nouveau boucher serait bien accueilli, il espère qu'une solution se présentera rapidement.
Avec la mobilisation des habitants et le soutien des autorités locales, Fervaques espère maintenir son commerce bon vivant et éviter une fermeture qui marquerait un coup dur pour la communauté.







