Dans un élan d'optimisme, François Cerbonney, éleveur de moutons de prés-salés à Genêts, se prépare à déposer un nouveau permis d'aménager en mairie. Ce document crucial vise à garantir la pérennité de sa bergerie, un symbole de tradition dans la baie du Mont-Saint-Michel, alors qu'il se trouve confronté à un enjeu majeur : la préservation de son activité face à des décennies de conflits avec l'association écologique Manche Nature.
Après plus de quatorze ans de tensions, l’éleveur, qui se classe parmi les rares producteurs bio de moutons de prés-salés AOP dans cette région, espère que ce permis sera enfin accepté. "Je vais prendre ma retraite dans quatre ou cinq ans. Mon rêve est de voir quelqu'un poursuivre mon travail. J’ai même trouvé une jeune intéressée qui aimerait me rejoindre et apprendre à mes côtés", explique-t-il.
Agir pour les herbus de la baie du Mont-Saint-Michel
Les marais salés, connus sous le nom d'herbus, sont un des trésors naturels de la baie. Un témoignage de leur importance d'un point de vue écologique est apporté par Christiane Horel, rapporteuse du collectif BAD (Bergerie à Défendre). Elle soutient que les moutons sont essentiels pour préserver ce milieu unique. "Le mouton est l'espèce qui a le moins d'impact sur les herbus. Ils jouent un rôle clé dans le maintien de la biodiversité", souligne-t-elle.
La municipalité est appelée à agir dans ce dossier. "Si le permis est accordé, ce sera un signe fort que la mairie prend au sérieux son rôle dans la préservation de cet écosystème", conclut-elle.
Pour renforcer cette demande, François Cerbonney et le collectif ont sollicité une rencontre avec Marc Chappuis, préfet de la Manche, afin d'accélérer l'issu de cette procédure cruciale. Un échange qui pourrait également influencer les décisions futures sur la gestion des herbus et le maintien des activités agricoles durables dans la région.







