Depuis avril dernier, la fermeture de la CIBEM de Saint-Pierre-en-Auge, spécialisée dans les boîtes de camembert, a eu des répercussions sur l'ESAT (Établissement ou Service d’Accompagnement par le Travail) Terres de Guillaume à Falaise. Près d'une dizaine de travailleurs, qui s'occupaient auparavant du contrôle qualité des emballages de fromage, se sont retrouvés sans activité. Il est à noter que cette transition s'inscrit dans un contexte où la boucherie locale de Fervaques fermera bientôt ses portes, un fait qui a suscité des appels à candidatures pour trouver un repreneur.
Selon Hervé Burban, directeur de l'ESAT, les premiers mois post-fermeture ont été difficiles : "Pendant deux mois, ils venaient le matin sans rien à faire, passaient leur temps sur leurs téléphones." C'est en découvrant un stock de vieux ordinateurs inutilisés dans les locaux que l'idée d'une activité de recyclage a germé pour occuper l'équipe.
Vers un nouveau défi : le démontage d'ordinateurs
Cette nouvelle activité de démontage a rapidement éveillé l'enthousiasme des travailleurs. Julien, l'un des employés, a exprimé son soulagement : "Avant, c'était ennuyant. Je faisais des mots mêlés, mais ça ne dure pas toute la journée." Sous la supervision de Sébastien, moniteur d'atelier, les ouvriers ont été formés sans accrocs. Il précise : "Le démontage n'est pas compliqué, mais il s'agit de bien choisir le matériel." Les composants sont désormais soigneusement triés, allant du plastique au métal, et offrant une nouvelle dynamique au sein de l’équipe.
Un projet à pérenniser
Le projet a pour objectif de trouver des débouchés financiers pour les déchets triés. "Nous espérons collaborer avec des entreprises comme Derichebourg pour valoriser ces ordinateurs démontés," explique Hervé Burban. À plus long terme, l'ESAT vise à diversifier encore davantage ses activités pour atteindre l'équilibre financier, en envisageant des créations de produits de A à Z.
Si certains travailleurs regrettent les boîtes à camembert, comme Philippe qui plaisante en disant : "Je préfère les boîtes à camembert, c'était mieux !", l'ensemble de l'équipe semble motivé par ce nouveau défi professionnel. Cette initiative démontre que l'adaptabilité et la créativité peuvent offrir des solutions durables face aux défis économiques rencontrés dans les petites industries locales.







