À Gouville-sur-Mer, dans la Manche, les impacts de l'érosion côtière sont de plus en plus visibles. En deux décennies, des élus ont exploré maintes solutions pour protéger la côte, mais les résultats demeurent modestes. À présent, ils changent de stratégie : s’adapter plutôt que résister. Les habitants prennent également conscience des transformations inévitables qui affectent le littoral.
Ce jour-là, la mer contemplait calmement la plage, mais ce calme cache une réalité alarmante. Sur la prestigieuse côte des havres, elle grignote inexorablement la dune. À chaque tempête, des mètres de sable disparaissent, mettant en péril l’intégrité de la commune. Franck Levoy, chercheur à l'Université de Caen, souligne que « le trait de côte a reculé de 58 mètres depuis 1992 », une constatation alarmante qui nécessite une réponse rapide et efficace.
« On a tout essayé », déclare Jean-Pierre Legoubey, maire délégué de Gouville, en évoquant les multiples initiatives, depuis les brise-lames jusqu'aux géotubes. Mais malgré ces efforts, le phénomène d'érosion s’est intensifié, surtout depuis les années 1970, lorsque des aménagements ont perturbé les courants.
Les conversations se tournent alors vers l'association Trait de côte, fondée en 2020. Leur première victoire : l’enrochement du littoral qui préserve partiellement la route menant aux campings, malgré sa capacité à baisser le niveau de la plage. « Nous savons que ces solutions sont temporaires », assure Martine Bouffay, présidente de l'association. « Mais chaque protection compte ».
Pour mieux stimuler l’engagement citoyen, l’association a mis en place des panneaux d’information sur l’importance de protéger la dune et souhaite développer une Asa (association syndicale autorisée) pour financer des aménagements indispensables. Cela s’inscrit dans une stratégie plus large de sensibilisation et d’adaptation.
Pour finir, le programme PPA (Projet partenarial d’aménagement) lancé en 2021 par la commune vise à redéfinir le futur de Gouville face à l’érosion. Une première en France qui pourrait servir de modèle pour d'autres communes frappées par le même fléau. « Nous testons des solutions innovantes, car la mer avance et nous devons nous ajuster », conclut Jean-Pierre Legoubey.







