Un rapport alarmant de l'Office antidrogue met en lumière l'utilisation croissante des drones par les narcotrafiquants. Ces appareils volants, primitivement destinés à des usages innocents, ont trouvé une place dans le paysage du narcotrafic, notamment au Maroc et en France. Ils sont employés pour surveiller des zones stratégiques, comme les points de deal, les transitaires et même pour transporter des stupéfiants.
Dans le port du Havre (Seine-Maritime), les drones sont devenus les yeux des narcotrafiquants, offrant une vue d'ensemble sur l'arrivée de conteneurs et sur les activités des dockers et des douaniers. Manuela Dona, secrétaire générale de la CGT des douanes, évoque l'angoisse des employés : "Mes collègues se sentent épiés. Les trafiquants surveillent la présence autour de conteneurs contenant potentiellement leur marchandise." En 2024, plus de 1 000 intrusions ont été signalées, poussant le port à investir dans des antennes de détection couvrant un territoire de 25 km et jusqu'à 5 000 m d'altitude. Malheureusement, si un drone pénètre cette zone, l'alerte est donnée, mais aucune mesure de neutralisation n'est prise, laissant seulement la police en charge de contrer ces menaces.
Un usage en prison
Les drones ne se contentent pas de surveiller ; ils sont également devenus des outils de transport pour la drogue. En Espagne, des policiers ont saisi des appareils capables de transporter jusqu'à trois kilos de substances illicites sur une distance de 200 km. À Marseille (Bouches-du-Rhône), les dealers s'en servent pour garder un œil sur les zones de vente et sur les actions des forces de l'ordre. Karim Bennacer, secrétaire régional du syndicat Alliance Police nationale, fait état d'une évolution préoccupante : "Auparavant, les surveillances étaient réalisées physiquement, mais aujourd'hui, les trafiquants utilisent des méthodes plus discrètes et avancées, comme le balisage électronique."
De plus, il semblerait que l'usage des drones en milieu carcéral ait explosé. Selon une note de la police judiciaire, le nombre de survols détectés a été multiplié par six en un an. Récemment, des surveillants ont découvert, pour la première fois, une arme à feu et des munitions dissimulées dans un colis. Wilfried Fonck, secrétaire national de l'UFAP UNSA, déclare : "Chaque jour, au moins un établissement pénitentiaire est survolé, de jour comme de nuit." Sur les 186 établissements pénitentiaires, seulement un tiers dispose de dispositifs anti-drone. Face à cette menace, un débat sur la nécessité de renforcer ces dispositifs se fait de plus en plus pressant, comme l'indiquent plusieurs médias spécialisés en sécurité en France.
Il est évident que la montée en puissance des drones dans le narcotrafic pose un défi important pour les autorités. Leur usage pour surveiller et transporter des produits illicites transforme véritablement la dynamique du crime organisé, nécessitant des réponses adaptées de la part des forces de l'ordre et des législateurs.







